Évadé lors de l'attaque du fourgon pénitentiaire qui le transportait, Mohamed Amra est toujours en fuite, et son profil de chef de gang violent se précise.
Depuis sa cellule, il aurait continué à gérer ses activités criminelles grâce à plusieurs téléphones portables.
Le JT de TF1 fait le point.

La dangerosité de Mohamed Amra a-t-elle été sous-estimée ? Des écoutes téléphoniques révèlent un profil très inquiétant. Incarcéré à la prison de la Santé, il aurait continué ses activités criminelles depuis sa cellule : trafic de stupéfiants, achat d'armes. D'après une transcription obtenue par nos confrères du Parisien, il orientait même ses complices à distance. La vidéo du JT de TF1 à voir en tête de cet article en donne un aperçu :

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Mohamed Amra n'hésitait pas surtout à organiser des guets-apens à l'encontre de trafiquants rivaux. En juin 2022, il est suspecté d'avoir commandité l'assassinat d'un ancien associé, là aussi depuis sa cellule. Des agissements récurrents, comme l'affirme un rapport de l'Office centrale contre la criminalité organisée (OCLCO) cité par nos confrères du Parisien. "Mohamed Amra se révèle capable d'une extrême duplicité, élevant la trahison au rang d'art, le tout en recourant fréquemment à la technique de l'enlèvement", peut-on y lire.  

Des communications rendues possibles par l'absence de brouilleur suffisamment puissant. Plusieurs téléphones ont été retrouvés dans sa cellule. Il se les faisait livrer grâce à une méthode bien connue des syndicats pénitentiaires, le parachutage. "Ce sont des gens qui viennent depuis l'extérieur, qui constituent des colis, les jettent au-dessus des murs, et derrière il y a toute une équipe de détenus qui vont les récupérer", explique à TF1 Wilfried Fonck, secrétaire national de l'Ufap-Unsa Justice.

Mohamed Amra était donc à la tête d'un vaste réseau criminel. Pourtant, selon cet avocat qui l'a rencontré lors d'une audience,  une semaine avant son évasion, il n'était pas plus encadré qu'un autre délinquant. "La sécurité qui a été mise en place lors de l'audience du 7 mai était traditionnelle et conforme pour un prévenu correctionnel. Cette sécurité n'était peut-être pas adaptée à une personne aussi criminogène telle qu'elle se révèle maintenant", pointe maître Grégory Kagan, du Barreau de Paris. Depuis son évasion sanglante, l'homme le plus recherché de France est toujours traqué par plus de 300 enquêteurs. 


La rédaction de TF1info | Reportage Léa Merlier, Marie Belot, Guillaume Chieze

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