En mai 2018, un djihadiste franco-russe a tué un homme avec un couteau à Paris et tenté de poignarder plus d'une dizaine de passants.
À compter de ce 25 octobre, son meilleur ami comparaît devant la Cour d'Assises spéciale de Paris.
D’origine tchétchène comme l'assaillant, il est accusé d’avoir "conditionné" ce dernier.

Le procès d'Abdoul-Hakim Anaiev, meilleur ami de l'assaillant de l'attentat du quartier de l'Opéra en 2018, s'ouvre mercredi devant la cour d'assises spéciale. Âgé de 20 ans au moment des faits, il est accusé de "participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d'atteintes aux personnes". En d'autres termes, il est soupçonné par les enquêteurs d'avoir radicalisé et "conditionné" Khamzat Azimov, son ami depuis le lycée, pour passer à l'acte. Tous deux sont d'origine tchétchène. 

Or, ce procès débute moins de deux semaines après l'assassinat du professeur de français Dominique Bernard, poignardé à mort devant son collège-lycée d'Arras par un ancien élève de nationalité russe, né en Ingouchie, un territoire voisin de la Tchétchénie. Alors que la France est depuis placée en alerte "urgence attentat", le risque est que l'actualité s'invite à l'audience, ce mercredi. "On compare le caractère des gens selon leur origine ethnique, selon leur nationalité et c'est justement pour ça que nous sommes là, pour encore une fois dire qu'il n'y a pas d'amalgame à faire, que ça serait grave d'en faire", réagit dans le reportage en tête de cet article, Me Florian Lastelle, avocat de la défense. 

"Je revoyais ses yeux vides"

Le point commun de ces trois hommes, qu'ils partagent aussi avec l'assassin de Samuel Paty, professeur d'histoire décapité  en octobre 2020 à la sortie de son lycée de Conflans-Sainte-Honorine : avoir fui la guerre en Tchétchénie. "Soit ils l'ont connue enfants ce qui peut évidemment créer quelques traumatismes, soit ils l'ont connue à travers des récits parentaux et familiaux qui sont souvent très enjolivés où l'islamisme radical occupe une place centrale de résistance face à un Occident ou une Russie agressive", détaille dans le reportage en tête de cet article Xaxier Crettiez professeur de science politiques à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye.

Pour tenter de comprendre ce qui a poussé Khamzat Azimov à commettre son geste le 12 mai 2018 à Paris, dans le quartier de l'Opéra, Benjamin, l'une des victimes de l'attentat, est présent au procès qui s'ouvre ce mercredi. "Pendant deux ans, je revoyais son visage quasiment tous les soirs, je revoyais ses yeux vides, comme s'il n'y avait plus rien qui pouvait ressortir de ce monsieur, ce qui prouve une profonde détresse", confie ce dernier dans notre reportage. 

Le jour de l'attaque, le jeune homme sortait d’un restaurant avec des amis quand il a croisé la route du jihadiste franco-russe. Poignardé dans la côte, il est parvenu à s'enfuir malgré la douleur après un instant de choc. En six minutes, l'assaillant a tué un jeune homme de dix-neuf ans et a tenté de poignarder plus d’une dizaine de passants, avant d’être abattu par la police.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Florence De Juvigny, Jean-François Drouillet, Marie Belot

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