VIDÉO - "On se voit mourir pour quelques centaines d'euros" : les petits commerces, cibles faciles des braqueurs

par V. F Reportage TF1 : Ignacio Bornacin, Loïc Gorgibus et David PirèS
Publié le 21 juillet 2023 à 23h00

Source : JT 20h WE

Bureaux de tabac, boulangeries... De plus en plus de petits commerces sont ciblés par les braqueurs et les voleurs.
Des attaques en hausse de 15% en 2022.
Le JT de TF1 a recueilli le témoignage de certaines victimes, parfois traumatisées à vie.

Kidnappé devant chez lui, torturé, puis dépouillé, il y a deux mois, un boulanger de Creil (Oise) a connu l'enfer. "Je ne pense qu'à ça. Ça fait presque deux mois maintenant et je ne dors toujours pas", raconte-t-il devant les caméras de TF1. Le 16 mai, au petit matin, il est emmené de force par au moins quatre hommes cagoulés à l'intérieur de son magasin. Sur les images de vidéosurveillance que l'on peut voir dans la vidéo en tête de cet article, on le voit menacé pendant que les agresseurs vident la caisse jusqu'au dernier centime. Ses cartes bleues seront aussi volées. 3000 euros seront dérobés. 

On menace de tuer mes enfants, de tuer ma femme, c'est l'horreur pendant 1h30
Un boulanger de Creil

Quelques jours après son agression, il avait accepté de témoigner, encore marqué par la violence des coups. "C'est des coups de marteau, c'est des coups de poing, des coups de pied. On menace de tuer mes enfants, de tuer ma femme, c'est l'horreur pendant 1h30", révélait-il à l'époque. Ses agresseurs sont toujours recherchés. Aujourd'hui sa boulangerie est mise en vente. Cet ancien gérant souhaite déménager. Il a aussi une certitude : il ne travaillera plus jamais avec de l'argent liquide. "On se voit presque mourir pour quelques centaines d'euros. J'aimais ce que je faisais, c'était un bon business, un bon métier, mais je ne veux plus qu'il y ait aucune manipulation d'espèces. Même pas dix euros, rien. Que des cartes bleues", affirme-t-il. 

L'année dernière, les cambriolages et les braquages dans les petits commerces ont bondi de 15%. Les boulangeries, mais aussi les bureaux de tabac dans lesquels l'argent liquide circule beaucoup, sont particulièrement touchés. Dans la région nantaise, le JT de TF1 avait aussi rencontré des buralistes, victimes de voitures béliers il y a six mois. À bout de nerfs, ils confiaient leur désarroi. "C'est super dur", admettait l'un d'entre eux. Tandis que les habitants, eux, se montrent inquiets pour leur commerce de proximité. "Dans la ruralité, ça va être ça. Si les commerces se font attaquer tout le temps et en permanence, ils vont tous fermer", se plaint ainsi une riveraine. 

Un cambriolage par an

Christophe Beurel, buraliste à Carquefou (Loire-Atlantique) a décidé d'utiliser les grands moyens pour faire fuir les braqueurs. Désormais, son bureau de tabac ressemble plus à une forteresse qu'à un commerce. "À chaque fenêtre, il y a un barreaudage et la porte est blindée, protégée par un barreaudage métallique. C'est une obligation", admet-il. Ajoutez à cela six caméras de vidéosurveillance et un brouillard opacifiant à l'intérieur du magasin. 

En dix ans, le buraliste a connu en moyenne un cambriolage par an. Les voleurs ne recherchaient pas seulement le liquide, mais les cartouches de cigarettes, faciles à revendre. À chaque fois, c'est plusieurs milliers d'euros de perte. Christophe Beurel a investi plus de 20.000 euros dans la sécurité. La moitié grâce à des subventions d'État. C'est le prix fort de la tranquillité, mais il constate une nette amélioration. "Ils interviennent, ils cassent la porte, mais ils ont toutes les peines du monde à rentrer. Et puis une fois qu'ils sont rentrés, le générateur de brouillard se déclenche. Ils sont freinés", détaille-t-il. 

Plusieurs fédérations de commerçants, contactées par TF1, estiment qu'il faudrait privilégier les paiements en carte bancaire plutôt qu'en liquide pour limiter les tentatives de cambriolage. Mais le chemin semble encore long même si la tendance est à la baisse. Un paiement sur deux en France se fait en espèce. 


V. F Reportage TF1 : Ignacio Bornacin, Loïc Gorgibus et David PirèS

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