Le 20h

Calvaire de Shaïna : au procès de ses violeurs, la famille de l'adolescente veut que "son honneur soit lavé"

V. F - Reportage TF1 : Sophie Chevallereau, Florian Le Goïc et Vincent Pierron
Publié le 28 janvier 2022 à 10h01
JT Perso

Source : TF1 Info

Le procès de quatre hommes soupçonnés d'avoir violé Shaïna en 2017 se tient lundi 31 janvier.
Les parents de la jeune fille, assassinée deux ans plus tard à Creil, veulent "laver son honneur".
Ils ont accepté de se confier au JT de 20H.

"Elle venait juste d'avoir 13 ans. C'était encore une enfant". Cela fait cinq ans que la famille de Shaïna attend le procès de ses bourreaux : quatre hommes, à l'époque mineurs, accusés du viol de leur fille dans une cité de Creil. Un viol en réunion, filmé et partagé sur les réseaux sociaux. "On y va pour avoir des réponses. Pour laver l'honneur de notre fille et avoir des réponses", explique sa mère, Parveen Hansye, dans la vidéo en tête de cet article. "Je ne comprends pas pourquoi ils ont sali ma fille comme ça", ajoute son père, Shakill Hansye. 

Mais le calvaire de Shaïna ne s'est pas arrêté là. Car les images diffusées en ligne lui construisent une réputation de fille facile. Et lorsque ses agresseurs présumés apprennent qu'elle a porté plainte, ils la tabassent en pleine rue. "Arrivé à un moment donné dans sa vie, elle ne pouvait rien faire. Pourquoi ? Parce que c'est la fille qui a couché avec untel, elle n'est pas fréquentable, on ne pouvait pas parler avec elle", dénonce son frère, Yasin Hansye qui a créé fin 2019 l'association "Justice pour Shaïna - plus jamais ça", afin de lutter contre les violences faites aux femmes et poser le débat de la place des jeunes filles dans les cités.

Deux ans de violence et de harcèlement

Ses parents se souviennent encore d'un acharnement envers leur fille dans le quartier. Son éducation est même pointée du doigt. "Ils voulaient que nous les parents on cache notre fille parce qu'on devrait avoir honte pour ça. Nous, on s'est dit non, pourquoi ? On est en France, on vit en France, on ne demande rien à personne, pourquoi on ne peut pas vivre comme on veut ?", s'interroge la mère de la jeune fille. 

S'ensuivront deux ans de violence et de harcèlement jusqu'à l'assassinat de leur fille. En octobre 2019, elle est poignardée à plusieurs reprises et brûlée vive dans un cabanon abandonné. Elle avait 15 ans et était enceinte. L'auteur présumé, son petit ami, âgé de 17 ans, au moment des faits, n'aurait pas assumé cette grossesse et aurait donc choisi de se débarrasser d'elle. Il avait rapidement été mis en examen et placé en détention. 

La famille de Shaïna se bat désormais pour que le sort de la jeune fille permette d'éveiller les consciences. "Des filles comme Shaïna, il y en a encore à Creil. C'est pas terminé. Des filles qui viennent nous dire : 'Mon copain m'a filmé à mon insu, maintenant il me menace'. Même après ce drame", s'insurge sa mère. 

Lors du procès pour viol en réunion qui se tient lundi 31 janvier et mardi 1er février, la peine maximale encourue de sept ans d'emprisonnement sera réduite de moitié pour au moins deux des hommes jugés. Ils avaient moins de 16 ans au moment des faits. 


V. F - Reportage TF1 : Sophie Chevallereau, Florian Le Goïc et Vincent Pierron