Pour décourager ceux qui seraient tenter de voler dans les magasins, certains commerçants ont décidé d'afficher les photos des personnes prises la main dans le sac.
Dans le pays, le manque à gagner à cause de ses vols dépasse les sept milliards d'euros.
Pour autant, cette pratique reste illégale et expose le commerçant à un an de prison et 45 000 € d’amende.

Des images de clients présentés comme voleurs ont été diffusées sans filtre sur les réseaux sociaux par des commerçants. Ils sont nombreux à être victimes de vols à l’étalage. C'est le cas de Jennifer, une commerçante de Forbach (Moselle), qui a vu disparaître en quelques secondes pour 480 euros de vêtements, le mois dernier. Elle a déclaré le vol à la police, mais sans nouvelle de l'enquête, elle a décidé de diffuser les images de sa voleuse. Elle est bien consciente que cela est illégal. "Mais est-ce que c'est légal ce qu'elle fait, elle aussi ?", rétorque-t-elle. 

Ils étaient gênés, ils avaient honte, c'était le but.
Nicolas Zimmer, responsable d'un dépôt vente

De plus en plus de commerçants publient des images de leurs voleurs. En septembre, Nicolas Zimmer, un autre commerçant, a diffusé les images d'un vol dans sa dépôt-vente. Deux jours après, les voleurs ont rendu les objets volés prétextant un oubli de paiement. Et c'est justement le but. Il a détruit les images sans porter plainte. "Ils étaient gênés, ils avaient honte, c'était le but. Comme ils ont rarement peur de la justice. On n'hésitera pas à le refaire", lance-t-il. Certains clients sont plutôt compréhensifs et trouvent que ce procédé est normal. Normal, mais illégal, car cela revient à faire justice soi-même.

"Vous n'avez pas le droit de diffuser les images parce que les personnes qui figurent sur ces images bénéficient de la présomption d'innocence, rappelle Delphine Meillet, avocate au barreau de Paris. Ces images sont faites pour être transmis à la police. " D'après le code pénal, "l'atteinte à la vie privée par la diffusion d’images est passible d’un an de prison et 45 000 € d’amende".

Les voleurs dont les images sont diffusées portent rarement plainte. Pour les commerçants, c'est surtout un moyen de dénoncer un sentiment d’abandon face aux vols à répétitions dont ils sont victimes.


La rédaction de TF1 | Reportage Vincent Dietsch, Vincent Ruckly

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