Chauffeur de bus tué à Bayonne : "que la justice ouvre les yeux", implore sa femme

Léa Tintillier | Reportage TF1 Ignacio Bornacin, Maureen Bajac, Alix Ponsar
Publié le 19 mai 2022 à 10h00

Source : TF1 Info

Philippe Monguillot, chauffeur de bus à Bayonne, est mort en juillet 2020 après avoir été frappé par deux passagers.
Les faits ont été requalifiés en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
"Une gifle énorme" pour Véronique Monguillot, son épouse, qui témoigne auprès de TF1.

Le 5 juillet 2020, à Bayonne, Philippe Monguillot, chauffeur de bus de 59 ans, tombait dans le coma, en état de mort cérébrale, après une bagarre avec des passagers qui refusaient de porter un masque à bord de son véhicule. Sa famille et les médecins décideront d’arrêter les soins cinq jours plus tard. 

Arrêtés, les deux auteurs présumés, âgés de 24 ans, risquaient la perpétuité. Fin avril, le parquet de Bayonne avait en effet demandé leur renvoi aux assises pour homicide volontaire aggravé. Mais dans une ordonnance rendue le 16 mai, le juge d'instruction a estimé qu'ils ne devaient pas comparaître devant un jury d'assises, mais une "cour criminelle" composée de magistrats (les Pyrénées-Atlantiques font partie de 15 départements qui expérimentent ce dispositif qui juge sans jury populaire). Désormais, ils encourent 20 ans de prison pour violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner. 

Véronique Monguillot, la femme de la victime, a témoigné ce jeudi soir au 20H de TF1, se disant anéantie. Au lieu d’être jugés devant une Cour d’assises, les auteurs présumés le seront devant une Cour criminelle. Elle le vit comme une trahison. "On était confiante et puis finalement on ramasse une gifle énorme", lance-t-elle dans la vidéo en tête de cet article. 

Le parquet de Bayonne a fait appel

"Il y a quand même dans ce dossier, des pièces, des témoignages, des mots qui prouvent qu’on avait l’intention de le tuer. Je voudrais que la justice ouvre les yeux, vraiment. Une bonne fois pour toutes, que ce soit un exemple, qu’il ne soit pas mort pour rien", poursuit Véronique Monguillot. 

La mort de Philippe Monguillot avait provoqué l’émoi dans le pays. Mais aujourd’hui, l’avocat de la défense estime que la raison l’a emporté. Son client a toujours admis avoir porté le coup de poing mais jamais avoir voulu tuer Philippe Monguillot. "Les images que nous avons de cette scène démontrent que monsieur Monguillot a essuyé un coup de poing, que ce coup de poing a provoqué sa chute et que cette chute sur un plan dur a occasionné le coma puis à terme le décès mais ce n’était pas un résultat voulu. C’est là toute la différence", explique Me Thierry Sagardoytho. 

Le parquet de Bayonne a choisi de faire appel de cette décision pour que les poursuites soient qualifiées à nouveau en meurtre aggravé. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Ignacio Bornacin, Maureen Bajac, Alix Ponsar

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