Crash du vol Rio-Paris : 13 après, l'heure du procès

Crash du vol Rio-Paris : aucune condamnation requise contre Airbus et Air France 

Julien Moreau avec AFP
Publié le 7 décembre 2022 à 20h16
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Source : TF1 Info

Le parquet n'a pas requis mercredi la condamnation d'Airbus et d'Air France au procès du crash du Rio-Paris.
228 personnes ont trouvé la mort le 1er juin 2009.
Une position qui a suscité la colère de parties civiles.

Le parquet n’a pas requis la condamnation d’Airbus et d’Air France au procès du crash du Rio-Paris, dans lequel 228 personnes ont trouvé la mort le 1er juin 2009. Cette position a provoqué la colère de nombreuses parties civiles.

La culpabilité des entreprises "nous paraît impossible à démontrer. Nous savons que cette position sera très probablement inaudible pour les parties civiles, mais nous ne sommes pas en mesure de requérir la condamnation d'Air France et d'Airbus", a rapporté le procureur.  Ces mots ont été prononcés en clôture d'un réquisitoire à deux voix de près de cinq heures et demie, entamé par un préambule qualifiant l'accident du vol AF447, le plus grave de l'histoire d'Air France, de "drame incomparable".

J'ai honte d'être Française

Une membre des parties civiles

À ces mots, des applaudissements de colère se sont fait entendre dans la salle d'audience pleine à craquer du tribunal correctionnel de Paris. "J'ai honte d'être Française !", "À quoi sert la justice ?", ont lancé certaines parties civiles avant de quitter la salle. "Cet accident tragique est avant tout un drame humain qui a bouleversé à jamais les proches des victimes", dont la "souffrance a sans cesse été réactivée au cours de ces treize années", un "délai beaucoup trop long", a souligné la procureure Marie Duffourc. 

"Représenter la société dans un tel procès signifie préserver l'ordre social et rappeler que le respect de la vie des personnes humaines n'admet aucun compromis. Néanmoins, ce n'est soutenir les poursuites que si les infractions sont caractérisées", a-t-elle prévenu. 

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Le procureur s’est ensuite adressé aux parties civiles : "Nous avons entendu l'insoutenable douleur de la perte de vos proches, votre désir de sanction, que des coupables soient désignés". Au sortir de l'audience, des proches des victimes et leurs avocats se sont dits "choqués", "outrés" par ces réquisitions. "Quarante-six ans de barre, c'est la première fois que je vois un procureur plaider, il a plaidé la défense d'Airbus et d'Air France, le parquet s'est déshonoré aujourd'hui", a déclaré Me Alain Jakubowicz.

"Une honte", "je ne comprends pas, c'est complètement à charge des pilotes et complètement à décharge des grandes compagnies européennes et nationales", a réagi Sylvie Robert, sœur de David Robert, copilote sur le vol AF447. 

La parole a ensuite été donnée à la défense d'Air France. Me François Saint-Pierre a fustigé le "discrédit" jeté selon lui par certaines déclarations des parties civiles qui ont parlé d'une "parodie de justice", défendant un "modèle de procès".

Air France n'a "jamais critiqué les pilotes", contrairement à Airbus, a-t-il assuré. "Que s'est-il passé" ce soir-là ? "Cela reste encore un mystère", a-t-il affirmé, concluant que "quelque chose d'impondérable et de totalement imprévisible s'est produit".

"La relaxe d'Air France est une décision de justice", a-t-il insisté, souhaitant que "le jugement" qui sera rendu soit "l'occasion de tourner une page d'histoire", même si "personne n'oubliera jamais ce drame".


Julien Moreau avec AFP

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