TENSIONS - Quatre journalistes ont été pris pour cible, la nuit dernière, dans un quartier de Fort-de-France, en Martinique. Des hommes à moto ont fait feu dans leur direction. Ils n'ont pas été blessés.

Ils ont juste eu le temps de sauter dans leur voiture. Quatre journalistes, dont un photographe de l'AFP, ont été visés par des coups de feu, dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 novembre, dans un quartier de Fort-de-France. Alors qu'ils couvraient les violences urbaines nocturnes en Martinique, ils ont essuyé trois tirs dans une rue désertée, en raison du couvre-feu strict décrété jeudi soir. Des hommes sur deux motos ont tiré en leur direction pendant qu'ils étaient en train de filmer et prendre des photos à bonne distance d'un barrage en feu. Ils ont pu quitter précipitamment les lieux, sans être blessés. 

"C'était vraiment une nuit pas comme les autres, notre troisième nuit d'affilée. Là, la ville était vide et l'atmosphère très pesante", a raconté auprès de l'AFP la journaliste de BFMTV/RMC Sport Maureen Lehoux. "Ça faisait une heure et demie qu'on tournait dans la ville pour témoigner des violences. On a croisé énormément de policiers qui nous disaient de rentrer. Ils étaient hyper tendus. On s'est dit : 'C'est hyper calme, ce n'est pas normal'", a raconté le photographe de l'AFP Loïc Venance. 

"Il y a eu un premier tir. Puis deux autres avant qu'on file"

Le petit groupe avait eu écho des provocations d'hommes à moto armés. "On est sortis de la voiture pour filmer le barrage de loin. On était près du canal Levassor, tout proche du port de plaisance, un endroit plutôt calme ces derniers jours. On était seuls. J'ai vu deux motos s'arrêter. J'ai crié : 'Putain, y a les motos !'", a poursuivi le photographe de l'AFP. "Au moment de monter dans la voiture, il y a eu un premier tir. Puis deux autres tirs avant qu'on file", a détaillé le journaliste de BFMTV Julien Taureau.

Ce vendredi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé ces tirs "totalement inacceptables". "Je veux leur rendre hommage, on ne peut pas accepter en France (...) que des journalistes soient pris pour cible quand ils font leur travail, quand ils se retrouvent à essuyer des tirs à balle réelle", a-t-il commenté sur BFMTV. "C'est totalement inacceptable. (...) Évidemment fermeté absolue face à ces situations."

En Martinique, la situation s'est envenimée ces derniers jours. L'île fait face à des violences nocturnes urbaines depuis l'appel à la grève générale lancé, lundi 22 novembre, par l'intersyndicale, pour protester notamment contre l'obligation vaccinale. Plusieurs policiers ont été la cibles de tirs depuis lundi, blessant légèrement nombre d'entre eux. La sécurité a été renforcée en amont de la nuit de jeudi à vendredi, "avec un dispositif plus mobile et plus nombreux pour cibler les points les plus difficiles", selon la préfecture. Un couvre-feu a aussi été instauré, pour une durée indéterminée, "jusqu'au retour au calme".


Y.R avec AFP

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