Cyberattaque à l'hôpital de Corbeil-Essonnes : "Nous n'avons plus accès à nos bases de données"

TF1 | Reportage Joséphine Devambez, Henri Dreyfus, Loïc Gorgibus
Publié le 23 août 2022 à 11h49

Source : JT 20h Semaine

L'hôpital de Corbeil-Essonnes, près de Paris, est victime d'une cyberattaque depuis la nuit de samedi à dimanche.
Les pirates informatiques réclament une rançon de 10 millions de dollars.
De nombreux services, dont les urgences, sont paralysés.

Seules les urgences vitales sont prises en charge. Les services de l'hôpital de Corbeil-Essonnes fonctionnent actuellement au ralenti. Les médecins opèrent, mais sans avoir accès aux données numérisées. "Le chirurgien m'a dit qu'il ne pouvait pas consulter les radiographies qui ont été faites vendredi, il a donc opéré sans radio" affirme une patiente le bras bandé et en écharpe, dans la vidéo en tête de cet article.

Nous n'avons plus accès à nos bases de données de patients. On ne sait plus qui était suivi.
Marie-Paule Sauli, coordinatrice générale des soins

Depuis la cyberattaque de dimanche aux environs d'une heure du matin, tous les écrans d'ordinateurs sont noirs. Les ordonnances, les résultats d'analyse, les informations d'un service à l'autre circulent par papier et crayon. Pas de déprogrammation cette semaine, mais personne ne sait qui a rendez-vous la semaine prochaine. "Nous n'avons plus accès à nos bases de données de patients (...) on ne sait plus qui était suivi", s'alarme Marie-Paule Sauli, coordinatrice générale des soins de l'hôpital.

Toutes ces données sont très précieuses. Les hackers demandent une rançon de 10 millions de dollars pour les restaurer, selon une information révélée par RMC et confirmée par une source policière. Les hôpitaux sont devenus une cible privilégiée des pirates informatiques. Sept cents établissements ont été attaqués en 2021. C'est deux fois plus que l'année précédente. Précisément, parce que leurs systèmes de sécurité informatique sont souvent sous dimensionnés. "Une cyberattaque c'est simple, on clique sur un lien malveillant qui est contenu dans un email et ça exécute un code qui va crypter l'ensemble des données", rappelle Michel Van Der Berghe, président de Campus Cyber.

Les autorités recommandent de ne pas payer la rançon. Des experts de l'Anssi, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, devront probablement travailler pendant des semaines pour évaluer l'ampleur des dégâts et rétablir un réseau sécurisé.


TF1 | Reportage Joséphine Devambez, Henri Dreyfus, Loïc Gorgibus

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