Le 13H

VIDÉO - "Je suis désespéré" : déclaré mort par erreur, ce Montpelliérain vit un cauchemar

M.L | Reportage Antoine Cazabonne et Lucas Garcia
Publié le 11 juillet 2022 à 18h11, mis à jour le 11 juillet 2022 à 18h28
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Imaginez votre stupeur en recevant un courrier de la sécurité sociale qui vous déclare mort.
C'est la mésaventure qui tracasse un soixantenaire de l'Hérault depuis début juin, à cause du décès d'un homonyme né le même jour que lui.
Une situation ubuesque : il n'a toujours pas accès à sa carte vitale ni à son compte en banque.

Un courrier, rédigé poliment et en bonne et due forme, a laissé le fils de Michel S. sans voix. "Chère Madame, Cher Monsieur, nous venons d'apprendre le décès de Michel S. Dans cette épreuve, l'assurance-maladie souhaite vous témoigner son soutien", y était-il écrit dans une lettre en date du 7 juin 2022, titrée brutalement "perte d'un proche". Son père, 58 ans, a été déclaré mort suite au décès d'un homonyme né le même jour que lui, qui a perdu la vie en Israël le mois dernier. Or le Montpelliérain, lui, est en pleine forme.

 

"C'est quand même choquant, personne n'a jamais vécu son propre décès, je crois que je suis le seul", raille-t-il en souriant, dans le reportage du 13H en tête d'article. Mais derrière ce sourire se cachent de nombreux tracas éreintants pour le soixantenaire. "Comment en sortir de là ? On se pose beaucoup de questions", glisse-t-il. Son fils ne s'attendait pas non plus à ce que cet imbroglio ne soit toujours pas résolu plus d'un mois plus tard. "Je pensais que ça allait être réglé rapidement : ce n'est pas vous, d'accord, c'est réglé. Mais en fait, non, c'est bien plus compliqué que ça", déplore le jeune homme.

Plus de médicaments remboursés, retraits d'argent impossibles et travail perturbé

Ce que Michel Sayah prenait au début pour une blague vire rapidement au cauchemar. Au lendemain de la réception de la lettre de l'Assurance maladie, il se tourne vers l'organisme. Au guichet, où il se rend pourtant en personne, en chair et en os, on lui confirme qu'il est bien décédé aux yeux de l'administration et que sa carte vitale n'était plus valide. "Une confusion a été commise", reconnaît toutefois l'organisme selon le quotidien régional Midi Libre. Mais sans effet jusqu'à maintenant.

 

"Cela fait trois semaines que je me suis présenté, mais jusqu'à aujourd'hui,  je n'ai rien reçu. Je n'ai aucune couverture sociale, aucune mutuelle, et ensuite, tout s'est enchaîné", rembobine le Montpelliérain : plus de consultations prises en charge chez le médecin, ni de médicaments remboursés en pharmacie, et même auprès de sa banque, Michel Sayah a bel et bien disparu."Je ne peux pas utiliser mon compte, il est bloqué", regrette-t-il. 

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Cette mésaventure l'affecte aussi jusque dans son emploi : il est livreur de matériel médical, mais sans assurance, il lui est impossible de prendre la route, d'autant que selon Midi Libre, il a transporté des colis à plusieurs reprises en Ukraine et est rentré lui-même dans le pays en guerre. "Mon travail est sur le terrain, je ne peux plus travailler à l'extérieur, rouler et aller livrer en voiture ou à deux-roues", explique-t-il. "Je suis désespéré."

 

Soutenu par son avocat, il n'a pas l'intention d'engager des poursuites. Il espère seulement revivre aux yeux de l'administration le plus rapidement possible. "On le prend un peu pour un imbécile", s'irrite Me Michaël Corbier auprès de Midi Libre, se disant prêt à poursuivre l'administration une fois les droits rétablis pour réparer le préjudice subi.

Plusieurs imbroglios du même acabit chaque année

Michel Sayah n'est pas le premier à faire les frais de ce type de malheureuse mégarde, que subissent plusieurs assurés chaque année à travers la France. En février dernier, une Bretonne retraitée de 63 ans avait reçu un appel de son banquier lui indiquant qu'il avait reçu un courrier certifiant sa mort, une confusion probablement due au décès proche de sa tante.

Tout récemment également, un retraité vivant en Belgique n'a pas reçu sa pension deux fois en un an et demi, une première fois à cause d'un cafouillage par rapport à un homonyme décédé, et suite à une erreur probable d'administration la seconde fois. "On m’a ressuscité deux fois, c’est mieux que Jésus", a-t-il ironisé dans les colonnes de La Voix du Nord. Quelques années plus tôt encore, un habitant du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, avait retrouvé une existence officielle en 2016 et obtenu une nouvelle carte de séjour pour dix ans, après avoir été déclaré mort huit ans plus tôt

La CPAM a assuré à Midi Libre que ce type d'erreur relève pourtant du rarissime. "Cela arrive parfois du fait de certains fichiers imprécis. Mais dès que l’erreur est détectée tout est rapidement mis en œuvre pour redonner des droits", a-t-elle assuré.


M.L | Reportage Antoine Cazabonne et Lucas Garcia

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