"Moi, je veux quitter Dijon" : colère et incompréhension chez les proches de l'homme tué par une balle perdue

par F.S. avec AFP
Publié le 26 novembre 2023 à 14h46, mis à jour le 26 novembre 2023 à 14h58

Source : JT 13h WE

Un quinquagénaire a été tué à Dijon ce dimanche alors qu'il dormait dans son appartement du quartier Stalingrad.
Le père de famille a été touché par une balle après des tirs à l'arme lourde sur la façade de son immeuble, situé au niveau d'un point de deal.
Ses enfants, sous le choc, témoignent.

Il est mort, touché dans son sommeil par une balle perdue. Jamais cette famille arrivée en France il y a quatorze ans n'aurait imaginé un tel scénario. Dans la nuit du samedi au dimanche 26 novembre, un père de famille de 55 ans a été mortellement blessé par balle dans son appartement après des tirs à l'arme automatique visant la façade de cet immeuble, situé à proximité d'un point de deal dans le quartier Stalingrad à Dijon. Un drame que les enfants de la victime tentent de comprendre. 

Des coups de feu avaient "déjà touché l'appartement"

"Mon père et moi, avec ma mère, on a été réveillés par une succession de coups de feu, puis ça s'est arrêté. Puis ça a repris", témoigne la fille de la victime, en larmes. Âgée de 23 ans, elle se trouvait elle aussi dans l'appartement avec son père, sa mère et son frère au moment des faits. "Quand on est allé voir mon père qui dormait dans son lit, il était mort", raconte-t-elle. 

Pour elle, cela ne fait aucun doute : son père arrivé en France il y a 14 ans est une victime collatérale, dans ce qui s'apparente "sûrement à un règlement de compte", avance ainsi la cadette de cette famille kosovare. Elle se souvient d'ailleurs avoir été témoin d'une telle scène il y a déjà "quelques années". "Il y avait eu des coups de feu sur la façade de l'immeuble qui avaient déjà touché notre appartement". 

Des coups de feu avaient déjà touché notre appartement
La fille de la victime

De son côté, le fils de 24 ans raconte que son père avait fait dans le passé un infarctus "parce qu'il s'énervait à cause des gens alentours". "C'est un point de deal, ça fait depuis longtemps que c'est comme ça", surenchérit un voisin auprès de l'AFP. "Ça fait longtemps qu'ils viennent ici chercher de la coke, c'est un vrai business", confirme un autre habitant. Si bien que les clients de ce point de deal font "la queue dès 10 heures du matin".

 Un "fléau" que dénonce le maire de Dijon. Au micro de TF1, François Rebsamen, l'élu de la capitale de la Bourgogne, déplore que cette activité soit en train de détruire "toute une jeunesse".  D'autant que les guerres de territoires entre trafiquants sont de plus en plus meurtrières, en raison de l'usage d'armes lourdes. Face aux drames qui se multiplient, la fille de la victime affirme qu'elle veut "quitter Dijon". Et souhaite "que la France protège mieux ses habitants".


F.S. avec AFP

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