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DOCUMENT TF1 - "C'est la dernière fois que j'ai pu la voir" : la mère de Maëlys raconte la soirée du meurtre de sa fille

Virginie Fauroux | Reportage TF1 : Rym Bey, Anne Barrier, Jean-Yves Mey
Publié le 26 janvier 2022 à 9h54, mis à jour le 30 janvier 2022 à 9h55
JT Perso

Source : TF1 Info

Le 31 janvier s'ouvrira à Grenoble le procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre de Maëlys, 8 ans.
La mère de la fillette, Jennifer de Araujo, a accepté de se confier au JT de 20H de TF1.
Elle raconte son deuil impossible et la soirée du drame.

Laisser une trace de Maëlys. Et faire en sorte que les caméras ne soient plus uniquement braquées sur "l’autre". Jennifer de Araujo refuse de prononcer le nom du meurtrier présumé de sa fille de 8 ans. L'autre, c'est Nordahl Lelandais, ancien militaire âgé de 38 ans. Il doit être jugé à Grenoble à partir du 31 janvier. En revanche, elle souhaite que "les gens se souviennent de Maëlys". C'est pour ça que la jeune femme publie un livre ce jeudi 27 janvier, sobrement intitulé Maëlys (Éditions Robert Laffont), et qu'elle a accepté de témoigner ce mardi soir dans le 20H de TF1, une vidéo à retrouver en tête de cet article. 

"C'était une petite fille très dynamique, elle était pleine de vie. Elle aimait bien faire du sport, jouer au football, elle aimait beaucoup Ronaldo, c’était son joueur préféré", se souvient celle qui s'était rarement exprimée depuis la terrible nuit du 26 août 2017 lors d'un mariage à Pont-de-Bonvoisin. "Elle était rigolote et très câline. Elle aimait beaucoup les animaux", ajoute-t-elle encore, comme pour la faire revivre quelques instants. Car, qu'on ne s'y trompe pas, Jennifer de Araujo a banni de son vocabulaire l'expression "faire son deuil". 

"On a l'impression qu'on passe à autre chose quand on fait son deuil et moi je ne veux pas l'oublier. Je veux qu'elle continue à exister", assène-t-elle. Alors, pour conjurer le sort, Maëlys est présente dans chaque pièce de sa maison. "J'ai mis des photos partout d'elle", avoue-t-elle. Jennifer a aussi tout gardé de sa fille, jusqu'à son dernier cadeau de la fête des mères, des petites fleurs en papier que la fillette avait réalisées à l'école. 

C’était une journée de mariage lambda, on était content, on rigolait, on voyait la famille, ça nous faisait plaisir. Maëlys avait fait sa jolie tresse en zigzag.

Jennifer de Araujo

A quelques jours du procès, la mère de Maëlys se souvient des derniers instants passés avec sa fille et des échanges avec Nordahl Lelandais le soir où elle a disparu. "C’était une journée de mariage lambda, on était content, on rigolait, on voyait la famille, ça nous faisait plaisir. Maëlys avait fait sa jolie tresse en zigzag. C’était une bonne ambiance festive et familiale", dit-elle. Avant de poursuivre : "Les enfants étaient séparés de nous. Maëlys revenait de temps en temps pour nous voir. Elle était venue danser. À un moment, elle me dit : 'je peux aller voir les chiens de mon copain ?'. J'ai trouvé ça bizarre, mais bon. Elle me montre l'autre assis à la table des mariés. Elle me dit : 'c'est lui, il a ses chiens sur son téléphone'. Du coup, je l'ai accompagnée. C'est la première fois que j'ai rencontré l'autre". 

Nordahl Lelandais ne s'adresse pas à Jennifer, mais la jeune femme ne s'en émeut pas. "Je me suis dit que c’était quelqu’un qui était connu de mon cousin puisqu’il était à la table des mariés, c’est ça qui m’a un peu rassurée sur le moment", dit-elle. Il demande juste à sa fille ce qu’elle a comme race de chien, et puis elles repartent. "Maëlys est allée jouer au foot avec les enfants. Par la suite, vers deux heures du matin, elle est venue s'asseoir sur moi. Je lui ai demandé si elle voulait goûter un bout de dessert, et puis je lui ai fait un bisou sur la joue. C'est la dernière fois que j'ai pu la voir", se remémore Jennifer. 

Maëlys disparaitra quelques minutes plus tard du mariage, emmenée par Nordahl Lelandais dans sa voiture. Il reviendra sans elle. Jennifer se rappelle avoir eu immédiatement une intuition. "Je cherchais Maëlys et puis je cherchais celui qui avait parlé de ses chiens. À un moment, je l'ai vu et je lui demande s'il a vu Maëlys, il m'a dit : 'non, je ne l'ai pas vue'. Comme s'il ne la connaissait pas, comme s'il ne lui avait jamais parlé, comme s'il était blasé". Ensuite les événement s'enchaînent : "Les gendarmes sont arrivés puis la section de recherches, les hélicoptères. On se dit : ‘je vais me réveiller et ça va être fini’. Mais non le cauchemar ne fait que commencer", égrène-t-elle. C'est le début d'une très longue attente qui durera six mois. Une toute petite trace de sang de Maëlys, retrouvée dans le coffre de son meurtrier présumé, mettra fin à tout espoir. "Là tout s’écroule. Je savais qu'on ne la retrouverait plus vivante", s'émeut Jennifer, dont la vie vole en éclats : "Mon couple n'a pas su résister à tout ça", regrette celle qui a depuis déménagé et repris son travail d'infirmière. 

"Après on sera tous solidaires et ensemble pour le procès pour rendre justice à Maëlys", ajoute Jennifer, dont le souhait est désormais que Nordahl Lelandais "arrête de dire que Maëlys est montée volontairement dans sa voiture, qu'il dise vraiment ce qu'il a fait". Jennifer a aussi une ambition : "Maëlys avait plein de rêves : devenir pompier, agricultrice, aider les autres, mais elle n'a pas pu les réaliser donc je veux qu'une partie de mes droits d'auteur soient reversés à l'association Petits Princes pour que plein d'enfants malades puissent réaliser les leurs". Et de conclure : "Ç'aurait été une grande dame, ma fille". 


Virginie Fauroux | Reportage TF1 : Rym Bey, Anne Barrier, Jean-Yves Mey

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