Il y a deux semaines, Lindsay, treize ans, s’est suicidée à cause de harcèlement scolaire.
Dans le Pas-de-Calais, ses camarades sont sous le choc.
Le beau-père de la jeune fille témoigne.

Lindsay avait treize ans lorsqu'elle a mis fin à ses jours. Durant neuf mois, tous les jours, l'adolescente a été insultée et menacée sans répit. "Avec le recul, on comprend une chose, c’est qu’elle était vraiment à bout. C’était au sein du collège et après ça se gangrénait à la maison. Ça venait devant la maison, des insultes au bord de la rue. C’était un engrenage tout le temps jour et nuit", explique François Nastasi, beau-père de Lindsay. 

Betty, sa mère, ne trouve pas la force de parler. Lindsay lui racontait tout : les intimidations et les humiliations sur les réseaux sociaux. La famille avait alerté le collège. "Lors d’un entretien avec le responsable du collège, il nous a dit  : 'Si vous voulez que ça s’arrête, il faut confisquer le téléphone, l’interdire des réseaux sociaux'. C’est la seule réponse qu’on ait eue", poursuit François Nastasi. Le rectorat dit avoir sanctionné un élève, sans effet. "On confie nos enfants à l’éducation nationale, au proviseur, pourquoi ? Pour qu’il se passe ça", ajoute Corentin Gervois, le parrain de Lindsay.

Cinq personnes mises en examen

À la marche blanche organisée en sa mémoire mercredi 24 mai, tous ses camarades de quatrième étaient présents. Pour eux aussi, c’est l’incompréhension. Ils ne voyaient presque plus cette violence. "C'étaient surtout des tirages de cheveux, etc. C'étaient pas des gros coups. Ce n'est pas le collège où une insulte c’est la mort, donc pour eux, c’est normal", témoigne une élève.

Une souffrance passée inaperçue même pour ses amis. "Lindsay, ça avait l'air de ne pas la toucher et au final, on en est là. Je m’en veux un peu parce que peut-être qu’elle faisait des appels à l’aide et qu’on ne les a pas vus", poursuit une autre élève. L’éducation nationale a ouvert, vendredi, une enquête interne. 

La justice a mis en examen quatre élèves mineurs pour harcèlement scolaire ayant conduit au suicide et une personne majeure pour menaces de mort. Par ailleurs, le rectorat de l'académie de Lille a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête administrative. Jean-Roger Ribaud, directeur académique dans le Pas-de-Calais, a reconnu que les services scolaires auraient pu "aller plus loin dans le suivi" de la jeune fille.


L.T. | Reportage TF1 : Florence De Juvigny, Julien Clouzeau

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info