Le 20h

ENQUÊTE - Mortiers d’artifice utilisés comme des armes : les dessous du trafic

Léa Tintillier | Reportage TF1 Georges Brenier, Louise Schöneshöfer
Publié le 13 juillet 2022 à 18h31
JT Perso

Source : TF1 Info

Les mortiers d’artifice sont de plus en plus souvent détournés de leur usage et utilisés comme des armes pour viser les forces de l’ordre.
La vente est fortement réglementée, mais il n'est pas compliqué de s'en procurer.
Le 20H de TF1 a mené l'enquête.

Les mortiers d’artifice sont devenus le cauchemar des habitants de certains quartiers. Les tirs sont détournés de leur usage festif, le plus souvent pour attaquer les forces de l’ordre. Pourtant, depuis Noël dernier, la loi s’est durcie. Dans sa petite boutique parisienne de feux d’artifice ainsi, Christian Gacon doit désormais réclamer aux clients leur carte d’identité. Il doit aussi signaler à la police tout achat jugé suspect. "Moi, de toute façon, je ne vends pas quand je vois qu’il y a une trop grande quantité qui est demandée. Quand je vois que ce n’est pas un professionnel, je ne vends pas. Si on a un doute, on doit prévenir les autorités", explique-t-il. 

Le commerçant a même pris une mesure radicale : il ne vend plus le moindre mortier depuis que ces chandelles d’artifice sont utilisées dans le seul but de gravement blesser. "Ça peut aller jusqu’à la mort. Ça part vite et puis c’est puissant. C’est comparable à une balle", affirme-t-il, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Un trafic sur les réseaux sociaux

Résultat, c’est sur les réseaux sociaux que le trafic bat son plein. En quelques secondes, des vendeurs anonymes proposent à nos journalistes des mortiers souvent importés des pays de l’Est, sans le moindre contrôle. Les vendeurs de mortiers sur Internet opèrent exactement comme des dealers de drogue. On trouve des réductions, des cartes de fidélité et des livraisons à domicile. 

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Endiguer le phénomène est un combat de longue haleine. Un peu partout en France, la police multiplie les opérations pour traquer les acheteurs. "D’une part en faisant des contrôles inopinés ou bien des contrôles sur les parties communes des immeubles. Le but, c’est de récupérer dans les lieux de stockage ces mortiers, de manière à ce qu’ils ne soient pas utilisés pour des fêtes nationales comme celle du 14 juillet", explique Sonia Fibleuil, porte-parole de la police nationale. 

De son côté, la justice a durci les peines. Se servir d’un mortier comme arme est aujourd’hui punissable de six mois de prison et de 7500 euros d’amende. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Georges Brenier, Louise Schöneshöfer

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