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VIDÉO - Fillette de 3 ans battue à mort dans l'Eure : y a-t-il eu des défaillances ?

par M.T | Reportage TF1 : Olga Lévesque, Simon Humblot, Laura Adda
Publié le 28 septembre 2023 à 8h40

Source : TF1 Info

Dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 septembre, Lisa, 3 ans, a été retrouvée par les secours "couverte de bleus", dans l’Eure, avant de décéder à l’hôpital.
La mère de la fillette et son beau-père ont été mis en examen pour "meurtre" et incarcérés.
Y a-t-il eu des défaillances dans son suivi ? TF1 fait le point.

Au domicile de la petite Lisa, des hommages anonymes, des bougies, des fleurs, et des lettres. Cette voisine, interrogée par TF1 dans le reportage en tête de cet article, avait l'habitude de la voir jouer avec son grand frère dans la rue : "Je suis bouleversée", déclare-t-elle, trois jours après la mort de la fillette. 

Dans la nuit de samedi à dimanche, quand les médecins constatent le décès de Lisa, ils relèvent de nombreux hématomes sur son corps, dont certains datant de plusieurs semaines. La mère et son compagnon, condamnés pour usage de stupéfiants et infraction routière, reconnaissent des maltraitances fréquentes. Ils restent, pour l'heure, présumés innocents. 

Nos équipes se sont rendues à Conches-en-Ouche, où vivait Lisa. Dans cette petite ville de l'Eure, le drame interroge les habitants : "Nous, on a deux enfants. En tant que parent, je ne peux pas comprendre qu'on puisse faire ça", s'indigne un passant. "Moi je pense que ça vient aussi de l'école, qui aurait peut-être pu s'en apercevoir", réagit un autre. 

Le personnel de l'école de Lisa se doutait-il de son calvaire ? Le rectorat affirme avoir ouvert une enquête interne pour le déterminer. La directrice de l'école maternelle du Chêne au Loup a été suspendue le temps des investigations. Depuis 2020, elle est membre de la cellule de lutte contre les violences infantiles, diligentée par le maire. "On est face à un échec absolument terrible. Il n'y avait pas de signaux forts pour pouvoir intervenir", explique Jérôme Pasco, maire de Conches-en-Ouche. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, une proche du couple affirme avoir tenté de joindre le 119, le numéro d'urgence pour signaler des maltraitances, seulement quelques jours avant la mort de Lisa. "Elle n'a pas pu parler à un opérateur. Elle a donc raccroché, et elle n'a ensuite pas rappelé. Les paroles de cette personne demandent à être confirmées", annonce Rémi Coutin, procureur de la République de l'Eure. 

La non-dénonciation de mauvais traitement sur mineur est passible de 40.000 euros d'amende, et de trois à cinq ans de prison. Le grand frère de Lisa, âgé de six ans, a été placé par l'aide sociale à l'enfance. 


M.T | Reportage TF1 : Olga Lévesque, Simon Humblot, Laura Adda

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