Fusillade à Paris : la communauté kurde endeuillée

"Il a pris l'arme et il a tiré froidement" : le déroulé de la fusillade qui a fait trois morts à Paris

F.R. | Reportage TF1 Julien Cressens, Henri Dreyfus, Corinne Chevreton
Publié le 23 décembre 2022 à 23h56
JT Perso

Source : JT 20h WE

Ce vendredi 23 décembre, aux alentours de midi, un homme a ouvert le feu dans une rue du 10e arrondissement de Paris.
Trois personnes sont mortes et trois ont été blessées, à proximité d'un centre culturel kurde.
Des échauffourées ont éclaté plus tard dans la journée.

L'image a tourné dans tous les médias et sur les réseaux sociaux. Un homme, menotté, emporté par des policiers. Quelques minutes auparavant, l'homme a ouvert le feu dans une rue commerçante et animée du 10e arrondissement de Paris, tuant trois personnes et en blessant trois autres, dont une grièvement. 

Âgé de 69 ans, William M., ancien cheminot, déjà connu de la justice pour deux tentatives d'homicide, a commencé à tirer, peu avant midi, rue d'Enghien, au niveau d'un centre culturel kurde. "Il a fixé le centre culturel. Il y avait trois passants qui arrivaient en face. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris, il a posé le sac, il a pris l'arme et il a tiré, froidement", a rapporté au 20H de TF1 un témoin de la scène. Après les tirs, sur une vidéo filmée par un riverain, un corps inanimé git dans la rue. 

Le funeste parcours de William M ne s'arrête pas là : il aurait ensuite fait feu sur un restaurant kurde, situé juste en face du centre culturel. Puis, le sexagénaire entre dans un salon de coiffure. Les images de vidéosurveillance retracent la scène : employés et clients quittent précipitamment la salle, effrayés par les tirs. 

L'homme les poursuit dans l'arrière-boutique, et blesse trois d'entre eux. "Il est rentré, il a continué ses coups de feu. Il a tiré sur trois personnes, une sur le pied, deux dans le ventre. Il était très serein", a témoigné l'un d'entre eux. Le reste du groupe arrive alors à le maîtriser et à se saisir de son arme. Peu après, il sera arrêté par les policiers dans ce même salon.

Des heurts dans le quartier

Une enquête a été ouverte des chefs "d'assassinat, homicides volontaires et violences aggravées". Les investigations ont été pour l'heure confiées à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne.

William M. est inconnu des fichiers du renseignement territorial et de la Direction générale de la sécurité intérieure, il est soupçonné d'avoir attaqué, en décembre 2021, armé d'un sabre, un campement de migrants. Il avait été placé en détention provisoire des chefs de "violences avec arme, avec préméditation et à caractère raciste", avant d'être libéré, quelques jours avant la fusillade, en attente de son procès.

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Un peu plus tard dans la journée, des échauffourées ont éclaté dans le quartier où les faits se sont déroulés. Des membres de la communauté kurde dénoncent en effet un acte xénophobe. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui s'est rendu sur place, a déclaré que l'ex-cheminot avait "manifestement voulu s'en prendre à des étrangers". 


F.R. | Reportage TF1 Julien Cressens, Henri Dreyfus, Corinne Chevreton

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