Ancien cheminot, déjà connu de la justice... le profil du suspect de la fusillade à Paris se dessine

A.S avec Raphaël Maillochon
Publié le 23 décembre 2022 à 14h31, mis à jour le 24 décembre 2022 à 9h56

Source : JT 20h WE

Trois personnes ont été tuées ce vendredi matin, rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris.
Le suspect, un conducteur de train à la retraite âgé de 69 ans, était déjà connu de la justice pour deux tentatives d'homicide.
Devant un policier, il s'est revendiqué "raciste".

Un drame en plein cœur de Paris à la veille de Noël. Ce vendredi matin, un homme a ouvert le feu rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement de la capitale, atteignant plusieurs personnes. 

Le bilan provisoire est lourd et fait état de trois morts et trois blessés, dont un en urgence absolue. L'auteur présumé des tirs a, lui, été rapidement interpellé et placé en garde à vue. Il est blessé au niveau du visage. LCI-TF1 revient sur le profil du suspect. 

Né en Seine-Saint-Denis

Selon nos informations, l'auteur présumé des faits s'appelle William M. Il est né en 1953 à Montreuil. Il est aujourd'hui âgé de 69 ans et est de nationalité française. C'est un ancien cheminot de la SNCF. 

"Il n'était pas connu des services de renseignement, d'aucun fichier de renseignement,  ni de la DGSI, ni de la direction des renseignements de Paris, ni des renseignements territoriaux" ni des services des renseignements pénitentiaires pour radicalisation. Il n'est donc pas certain que cette personne ait un engagement politique quel qu'il soit, même si manifestement ses motivations ont été une attaque contre les étrangers caractérisés mais ça l'enquête judiciaire le dira", a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui s'est rendu rue d'Enghien en milieu d'après-midi.

Déjà connu de la police et de la justice

Le suspect est déjà connu pour deux 'tentatives d'homicide'. Il est également connu pour 'violences aggravées et infraction à la législation sur les armes'.

"Cet homme a notamment été condamné par le Tribunal correctionnel de Bobigny le 29 juin 2017 à une peine de six mois d’emprisonnement assorti d’un sursis simple total et à une interdiction de détenir ou porter une arme pendant cinq ans pour des faits de détention prohibée d’armes de catégories A, B et C. Cette condamnation, rendue en son absence, a été signifiée à domicile en avril 2021. Il a également été condamné le 30 juin 2022 par le même tribunal correctionnel à une peine de douze mois d'emprisonnement pour des faits de violences avec arme commis en 2016. Appel a été interjeté de cette condamnation par l'intéressé et la procédure est en cours. Il a enfin été mis en examen par un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Paris le 13 décembre 2021 des chefs de violences avec ITT de moins ou plus de huit jours avec arme, avec préméditation et à caractère raciste et dégradations pour des faits commis le 8 décembre 2021 à Paris. Il a alors été placé en détention provisoire", détaille la procureure de la République de Paris Laure Beccuau ce vendredi soir dans un communiqué.

"Dans le cadre de cette information judiciaire toujours en cours, il a été libéré le 12 décembre dernier et placé sous contrôle judiciaire au terme du délai maximal de détention provisoire d'un an prévu par la loi. Dans le cadre de son contrôle judiciaire, il a été  astreint à une interdiction de contact avec les victimes, une obligation de soins psychiatriques et une

interdiction de détenir et porter une arme", ajoute-t-elle précisant que "rien ne permet à ce stade d'accréditer une quelconque affiliation de cet homme à un mouvement idéologique extrémiste".

Le suspect se dit "raciste"

Concernant les faits de ce vendredi, une enquête a été ouverte des chefs d'assassinat, homicides volontaires et violences aggravées. Devant un policier, le suspect a déclaré avoir agi parce qu'il était "raciste", a confirmé à TF1 et LCI, samedi, une source proche du dossier. En outre, les policiers ont trouvé, à proximité du tireur, outre "un Colt 45 de 1911 US Army", "deux ou trois chargeurs approvisionnés, une boite de cartouches de 45 mm, avec, au moins, 25 cartouches à l'intérieur"

Les investigations ont été pour l'heure confiées au 2e district de la police judiciaire et à la brigade criminelle. "Le parquet national antiterroriste ne s'est pas saisi pour l'instant", a dit la procureure. "Le motif raciste des faits va faire partie des investigations qui viennent de débuter avec d'importants effectifs de la direction régionale de la police judiciaire", a ajouté par ailleurs la magistrate. 

"Il a agi manifestement seul" et "a voulu s'en prendre manifestement à des étrangers" a complété le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 


A.S avec Raphaël Maillochon

Tout
TF1 Info