Plusieurs personnalités ont été victimes de home-jackings ces derniers mois, mais des anonymes sont aussi touchés.
Ces braquages à domicile interrogent les enquêteurs.
Il est devenu courant que les voleurs mènent des investigations avant d'opérer, comme le montre ce reportage de TF1.

Il suffit de quelques minutes pour être traumatisé tout le reste de sa vie. Le home-jacking désigne une nouvelle forme de cambriolage en vogue, dont la singularité repose sur le possible recours au vol à main armée si les habitants sont présents à leur domicile. Une technique de séquestration qui vise surtout les célébrités et les sportifs, mais pas que. Dernières fameuses victimes en date : le chef cuisinier Jean-François Piège le 26 janvier, un mois après la chanteuse Vitaa et le gardien de but remplaçant du PSG, Alexandre Letellier. Une certitude : même dans les cas où les victimes sont anonymes, les malfaiteurs savent toujours parfaitement où ils mettent les pieds.

Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus un cambriolage qui ne soit pas planifié en amont
Lucas Prouteau, président de Qualiforce

Afin d'éviter les mauvaises surprises, les policiers conseillent de prendre garde à ce que l’on montre sur les réseaux sociaux, car les voleurs y guettent l’apparition, délibérée ou non, d’objets de valeur. "Ils vont prendre le nom sur la boîte aux lettres et faire une petite recherche. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus un cambriolage qui ne soit pas planifié en amont, où il n’y a pas eu une étude des routines, témoigne Lucas Prouteau, président et fondateur de Qualiforce, entreprise spécialisée dans la protection contre les cambriolages ciblés et violents, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. D’abord, ils vont repérer les maisons, puis ils vont étudier les habitudes, par exemple pour voir quand il y a un départ en vacances."

Accès aux immeubles, moyens de ne pas être repéré, possibilités de fuite… Rien n’échappe à cette observation minutieuse. Pour obtenir les codes d’entrée, certaines équipes vont même jusqu’à soudoyer des livreurs de colis ou de repas, voire des installateurs Internet. Dans le jargon, cela s’appelle une "filoche". "Les gens s’affichent trop sur les réseaux sociaux, c’est quelque chose de dangereux. Parfois, les filoches viennent de là. On ne va pas chez n’importe qui, explique à TF1, sous couvert d’anonymat, un jeune homme affirmant avoir participé à plusieurs cambriolages. En général, c’est filoché de manière à ce qu’on entre en sécurité. On ne sait jamais qui il y a à l’intérieur."

Souvent, ces cambrioleurs sont des mineurs, qui n’ont plus peur d’utiliser la violence. "Ce sont des réseaux structurés, détaillait, début décembre, Me Mary Krief, avocate qui défend en ce moment plusieurs victimes. Il y a un individu qui commandite quel immeuble ou quel appartement, et vous avez des exécutants, qui sont de plus en plus jeunes. En général, ce ne sont pas des primo-délinquants et ce sont des personnes très agiles, très habiles, qui vont très vite." Parmi les cibles récentes, et récurrentes, de home-jackings : les influenceurs. Il y a quelques mois, la créatrice de contenus Coraline Balligand se trouvait même en plein live vidéo au moment de son agression, ainsi immortalisée sur Instagram.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Baptiste Guénais, Maurine Bajac, Philippe Vogel

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