Le 13H

"C'était lui ou moi" : des policiers qui ont ouvert le feu pour la première fois témoignent

A Lo. | Reportage TF1 G. Brenier, S. Fortin, M. Bajac
Publié le 22 juillet 2022 à 16h50
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

En 2021, 38 policiers ont fait usage de leur arme pour la première fois, selon un rapport de l’Inspection générale de la police générale.
Or, si les fonctionnaires sont régulièrement mis en situation de tirs en exercice, rien ne semble les préparer à affronter une réalité lourde de conséquences.

"Ce n’est pas fait à la légère". Alors que l’IGPN a rendu son rapport sur l’activité policière en 2021, plusieurs fonctionnaires ont pris la parole pour raconter le poids que représente le fait de porter une arme et de pouvoir un jour l’utiliser. Car s’ils s’entrainent régulièrement lors d’exercices sur des cibles, rien ne semble vraiment préparer à tenir en joue quelqu'un et à potentiellement pouvoir ôter une vie.

Un geste qui reste lourd de conséquences

C’est en tout cas ce que raconte Franck. Ce policier dans le nord de la France s’est retrouvé un jour face à des malfaiteurs. Il raconte avoir été obligé de tirer pour se défendre. "Ils étaient cagoulés, armés d’armes de poing. Là, ils me braquent et j’ai passé le recours de devoir tirer parce que c'était lui ou moi", raconte-t-il dans la vidéo en tête de cet article.

Pour autant, il ne banalise pas ce geste, lourd de conséquences. "Les gens ne s'imaginent pas le poids qui pèse sur le policier quand il doit faire usage de son arme. Ce n'est pas fait à la légère, il peut ôter la vie de quelqu’un. On n'est pas forcément préparé à ça", témoigne-t-il par ailleurs.

Comme beaucoup d'autres policiers, Franck regrette un manque de soutien de sa hiérarchie et a parfois le sentiment d'être pointé du doigt. "On a une seconde, à peine, pour prendre la décision de tirer ou pas. On sait très bien qu’une fois que c’est fait, on ne peut pas revenir en arrière", rappelle-t-il, indiquant être pleinement conscient de la gravité d'un tel acte.

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Thierry a également dû faire face à cette lourde responsabilité qu'est de tirer. Après plus de 30 ans de carrière, il se retrouve en 2016 à devoir neutraliser des terroristes islamistes. "Les armes sont prêtes, il faut penser à tout, ne rien oublier. Les gammes ont été révisées auparavant, on sait pourquoi on est là et jusqu’où ça peut aller", décrit-il.

Cela ne l'empêche pas de penser qu'à ses yeux, les policiers se retrouvent trop vite critiqués. Ouvrir le feu est bien souvent, selon lui, un traumatisme avec des effets professionnels comme personnels. "Il ne faut pas se mettre en tête que le policier qui va sortir son arme va tuer. C’est l’ultime recours qu’on a pour mettre hors d’état de nuire quelqu’un qui veut attenter à notre vie", veut-il rappeler. L'an dernier dans le pays, 290 tirs policiers ont été recensés. La moitié du temps, ils visaient des véhicules en fuite.


A Lo. | Reportage TF1 G. Brenier, S. Fortin, M. Bajac

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