Un agent du fisc tué par un brocanteur dans le Pas-de-Calais

Agent du fisc tué : la profession traumatisée face à un geste prémédité

Publié le 24 novembre 2022 à 8h35
JT Perso

Source : Le JT

Qui était le meurtrier présumé de l’agent du fisc tué lundi lors d’un contrôle dans le Pas-de-Calais ?
Plusieurs éléments indiquent qu’il avait tendu un piège aux deux inspecteurs venus lui demander des comptes.
Un hommage lui a été rendu ce mardi au ministère de l'Économie, mais aussi dans tous les centres d'impôts.

Dans l’intimité des locaux du centre des finances publiques d’Arras, les collègues de Ludovic Montuelle, tué lundi lors d’un contrôle, se sont recueillis longuement. À 43 ans, il était inspecteur principal, à la tête d’une brigade de neuf agents fiscaux. 

L’une de ses collègues a accepté de parler à notre équipe. Traumatisée, c’est toute sa vie qu’elle remet actuellement en question : "Personnellement, je me sens seule, je me sens abandonnée. Sur l'avenir à moyen et long terme, évidemment. Est-ce que je dois risquer ma vie pour faire ce métier ?". À travers elle, l’émotion de toute une profession.

Un geste prémédité ?

D’après les premiers éléments de l’enquête, le tueur, Sandy Théron, a prémédité son geste. Selon plusieurs collègues de la victime, le brocanteur a insisté pour que les agents se déplacent chez lui plutôt que d’être contrôlé à distance. Ludovic Montuelle avait accompagné sa collègue. Elle se disait préoccupée avant la visite. Cette peur de la réaction ultra-violente à l’annonce d’une mauvaise nouvelle, d’un redressement fiscal est un sentiment partagé par les inspecteurs du fisc, en témoigne cet autre agent de façon anonyme. "On ressent toute cette défiance, le fait qu'on vient. Pourquoi ? Pourquoi on les a choisis ? Pourquoi ce n'est pas le voisin ?", explique-t-il.

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Une angoisse qui pèse au quotidien sur les inspecteurs du fisc. Ils s’estiment peu protégés. Et les syndicats aimeraient un changement de procédure dans les contrôles. Selon eux, un agent fiscal doit avoir le droit de refuser un contrôle à domicile s’il estime qu’il y a un risque pour son intégrité physique. Une cellule psychologique a été ouverte pour les agents du centre des finances publiques d’Arras. L’autre inspecteur ligoté au moment du contrôle est sorti de l'hôpital mardi.


La rédaction TF1 Info

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