Dimanche, une femme et ses enfants de sept et dix ans ont été blessés par un tir de chasseur dans le village de Pommiers, dans le Beaujolais.
L'homme, âgé de 81 ans, a été placé en garde à vue.
Interrogé dans le 20H de TF1, il affirme ne pas avoir fait d'erreur, déplorant "un accident plus que bête".

C'est dans le paysage tranquille des vignes du village de Pommiers, près de Lyon, que l'accident a éclaté dimanche 9 octobre : à 100 mètres de leur domicile, une mère et ses deux enfants âgés de sept et dix ans ont été blessés par un tir de chasseur, alors qu'ils se promenaient. Héliportés à l’hôpital de Villefranche-sur-Saône, tous trois souffrent d’impacts de plomb aux jambes et au dos, mais leurs jours ne sont pas en danger. Âgé de 81 ans, le chasseur a quant à lui été placé en garde à vue puis relâché. 

L'homme a accepté de répondre à TF1, dans le reportage du 20H en tête de cet article. À visage caché, il nie avoir enfreint les règles de sécurité. "C'est un accident plus que bête. Je n'ai pas fait d'erreur, non. Je n'ai pas vu, j'ai été ébloui par le soleil", affirme-t-il. C'est aussi la version qu'il a tenue auprès des gendarmes, rapporte Actu.fr, qui précise que le chasseur a été libéré en attendant l'expertise de l'Office français de la biodiversité (OFB), et que son fusil a été saisi. 

"J'ai tiré en biais"

Selon un voisin, qui témoigne également dans le reportage, le chasseur aurait tiré en direction d'un chemin, ce qui est pourtant interdit. "Sur les voies ouvertes à la circulation publique (route communale, départementale ou nationale, chemin, voie verte) la chasse est proscrite du fait de l’interdiction absolue d’utiliser des armes à feu sur ou en direction de ces axes de circulation", précise ainsi l'OFB sur son site. "On n'a pas le droit, mais moi, j'ai tiré en biais", se défend de son côté l'octogénaire. 

Auprès de France 3 Régions, il explique avoir attendu le passage d'un lièvre. "J'étais sur la route puis j'étais dans la vigne, puisque je ne pouvais pas rester sur la route. (...) J'ai tiré. Je n'ai pas tiré sur la route, il n'y a pas de problème. Mais j'ai tiré et ça a fait ricochet", déclare-t-il. Avant de finalement reconnaître avoir "fait le con". "Je la connais bien la petite dame et ses enfants. Ce n'est pas marrant", regrette-t-il. 

Le maire du village, René Blanchet, a indiqué pour sa part au média s'être rendu rapidement sur les lieux après l'accident, et y avoir échangé avec le chasseur avant qu'il soit embarqué. Il décrit "quelqu'un tout à fait conscient qu'il avait fait une erreur due notamment à l'appréciation du soleil qui était légèrement dans sa vision". "On ne peut que condamner une imprudence ou une infraction si elle a été commise", avance de son côté prudemment le directeur de la Fédération des chasseurs du Rhône, Antoine Hermann, auprès de l'hebdomadaire régional Le Patriote Beaujolais

L’accident a en tout cas provoqué un vif émoi dans ce village de 2500 habitants, où la pratique de la chasse le dimanche divise. "On ne se sent pas en sécurité. Dès que j'ai entendu les coups de fusil assez près, j'ai dit à mes filles qu'on allait rentrer", témoigne une habitante dans le reportage de TF1. "On est dans un village et on ne peut pas laisser nos enfants se promener, c'est ça le problème", s'irrite une autre. Non loin de là, à Vinsobres, dans la Drôme, un cueilleur de champignons âgé de 62 ans avait également été grièvement blessé par un tir de chasseur ce dimanche. Opéré en urgence, son pronostic vital n’est plus engagé. 

Selon le ministère de l'Écologie, le non-respect des règles de sécurité est la première cause d'accidents de chasse, recensés au nombre de 80 sur la saison 2020-2021, dont sept mortels. Des chiffres toutefois à la baisse puisque le nombre de victimes de ces accidents a chuté ces 20 dernières années : il grimpait encore à 232 personnes en 2000 et 131 en 2010. 


M.L | Reportage TF1 Céline Blampain et Eric Nappi

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