Le 20h

Justice : condamné pour viol sur mineur, un homme innocenté par son accusatrice 23 ans après

TF1 | Reportage Sophie Chevallereau, Aurélie Sarrot et Thierry Marquez
Publié le 9 décembre 2022 à 11h02
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

En 2003, un homme avait été reconnu coupable de viol sur une adolescente, puis incarcéré.
23 ans après les faits, son accusatrice a écrit une lettre dans laquelle elle avoue avoir menti.
Dans quelques jours, la condamnation de cet homme pourrait être annulée, ce qui en ferait l'une des très rares erreurs judiciaires en France.

Il clamait son innocence depuis 23 ans, la justice pourrait enfin lui donner raison. Farid El Haïry a 17 ans lorsqu'il est accusé d'agressions sexuelles et de viol par une jeune fille de quinze ans, puis placé en détention. "Tous les jours, tous les jours pendant 23 ans, je vous laisse imaginer et je me posais la question : pourquoi, pourquoi moi ?", a réagi l'homme condamné pour agressions sexuelles et viol sur mineur de quinze ans en 2003.

Accusé de viol sur mineur alors qu'il est âgé de 17 ans

En 1998, à Hazebrouck, dans le Nord, une lycéenne de quinze ans raconte aux gendarmes que Farid El Haïry et deux autres garçons lui ont fait subir des attouchements dans la rue et que quelques mois plus tard, Farid l'a violée derrière la piscine municipale. Sur la base de cette déclaration, le jeune Farid est condamné et passe un an en prison. Inscrit au fichier des délinquants sexuels, il doit ensuite pointer quinze ans à la gendarmerie jusqu'en 2017.

Une 12e erreur judiciaire depuis 1945 ?

L'accusatrice, quatorze ans plus tard, écrit au procureur de la République de Douai (Nord) : "Farid E. n'est coupable de rien et n'a jamais commis d'actes d'agression sexuelle ou de viol sur ma personne (...) Je demande pardon". Un mensonge pour couvrir, selon elle, l'inceste qu'elle a subi de la part de son frère lorsqu'elle était enfant. Une rétractation qui rend aujourd'hui possible l'annulation de la condamnation de Farid El Haïry. Mais pour lui, impossible de pardonner. "Elle n'a pas pris en compte ce que j'ai pu vivre, les calvaires, la prison, les tabassages, les bagarres en continu, le regard des gens, les insultes, ma famille détruite, moi détruit, aujourd'hui, vous savez, je suis resté avec un petit enfant de 17 ans en moi", explique Farid El Haïry.

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L'avocate générale a demandé l'annulation de sa condamnation, sans nouveau procès. Cette décision sera rendue la semaine prochaine. S'il veut obtenir réparation, Farid El Haïry devra porter plainte contre son accusatrice. La justice française n'a reconnu que onze cas d'erreur judiciaire depuis 1945.


TF1 | Reportage Sophie Chevallereau, Aurélie Sarrot et Thierry Marquez

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