On connaissait le vol de câbles, voici maintenant le vol de gouttières en cuivre.
Pour les communes, le préjudice peut vite atteindre plusieurs milliers d’euros.
Jamais le département de la Sarthe n'avait connu pareil phénomène.

Le maire de Montval-sur-Loir (Sarthe) essaye encore de comprendre comment sept gouttières de cuivre de quatre mètres chacune ont pu disparaître de la façade de l’église de la commune. "Un outil a été utilisé pour les arracher", déduit l’édile face à la caméra de TF1, dans le reportage du 13H ci-dessus. Un vol impressionnant, opéré en toute discrétion. Sans doute l’œuvre d'une bande organisée car, non loin de là, à Château-du-Loir, ce sont huit gouttières, certaines en zinc, d’autres en cuivre, soit 30 mètres de tuyauterie au total, qui ont ainsi été dérobées, révèle Le Parisien. Il s’agit, en tout cas, d’une première, à cette échelle, dans le département, selon les gendarmes. 

Plus haut-de-gamme, les gouttières en cuivre sont généralement installées sur des monuments pour des raisons esthétiques. Chez les récupérateurs de métaux, le zinc se négocie à 1,20 euro le kilo, le cuivre à 6 euros. Et les gouttières sont désormais plus prisées par ces filières que les câbles. "Les câbles sont tous dans des gaines en plastique. C'est obligatoire. Généralement, les indélicats les revendent nus. Donc ça veut dire qu’ils ont brulé les gaines. Mais les recycleurs n’ont pas le droit de racheter du câble brûlé. Ils doivent même nous alerter tout de suite", explique le commandant Olivier Maldant, officier adjoint en charge de la police judiciaire de groupement de gendarmerie de la Sarthe.

Pour empêcher les voleurs d'écouler leurs marchandises, pièces d'identité et paiements par chèque sont obligatoires chez les récupérateurs en France, signe que le phénomène préoccupe les autorités. "On tient un registre de police, qui nous permet d’identifier tous nos acheteurs sur toute l’année, précise le ferrailleur Gaëtan Hénault, gérant d’un établissement portant son nom. On a des caméras à l’accueil qui filment en permanence, mais aussi à l’extérieur, au niveau de la zone où on pèse les marchandises." Problème : les paiements en espèces restent autorisés en Belgique ou en Espagne, où les receleurs peuvent se rendre afin d'écouler leur stock. Pour les petites communes touchées, le préjudice, se chiffrant en milliers d’euros, est d’autant plus considérable que les vols commis en extérieur ne sont pas couverts par les assurances.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Carlo Parédès, Emmanuel Sarre, Olga Lévesque

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