Le WE

Mystère du casse du Crédit lyonnais : ces documents exclusifs prouvent l'incroyable culot des voleurs

V. Fauroux - Reportage vidéo : Georges Brenier, Jean-François Drouillet
Publié le 23 avril 2022 à 20h15, mis à jour le 25 avril 2022 à 20h49
JT Perso

Source : JT 20h WE

En 2010, la salle des coffres d'une agence parisienne du Crédit lyonnais était dévalisée.
Un casse hors norme dont le butin est impossible à évaluer.
Les malfrats semblent avoir réussi le casse parfait, comme le montre les documents inédits que le JT de TF1 a pu se procurer.

C'est sans doute l'un des cambriolages les plus spectaculaires et mystérieux de ces trente dernières années. En mars 2010, les sous-sols d'une agence du Crédit Lyonnais, située dans l'un des quartiers les plus touristiques de Paris, était visitée en pleine nuit par un commando. Un scénario digne d'un polar avec des membres du grand banditisme prêts à casser n'importe quel mur pour pouvoir dévaliser la salle des coffres. Pour le journaliste Brendan Kemmet, fin connaisseur du milieu, ce casse reste un traumatisme pour les policiers. "C'est l'un des plus beaux casses sur les vingt, voire quarante dernières années, et surtout avec des auteurs qui n'ont jamais été identifiés et qui ont donc peut être commis le casse parfait", dit-il dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article.

Les câbles des alarmes ont été coupés un par un

Le commando a opéré en pleine nuit, en s'introduisant d'abord dans la cave d'un immeuble mitoyen. Les malfaiteurs sont très bien tuyautés et possèdent à l'évidence le plan de la banque. Ils se faufilent dans les couloirs, puis détruisent un mur, pour accéder à un conduit d'aération, un tunnel minuscule qui va les mener petit à petit vers la salle des coffres (photo ci-dessous). 

Bricoleurs chevronnés, ils ont collé avec du scotch les fusibles du panneau électrique pour qu'ils ne sautent pas. Les termites, comme on les surnomme chez les voyous, ont pris le soin les jours précédents de couper un par un les câbles des alarmes, avec une insolence déconcertante. 

TF1

Cette agence était en travaux depuis plusieurs mois et donc, ils n'ont eu finalement qu'à se déguiser en ouvrier.

Brendan Kemmet, journaliste

"Le coup est assez génial parce que cette équipe de braqueurs a réussi à se fondre dans les lieux avec une chose très simple, c'est que cette agence était en travaux depuis plusieurs mois et donc, ils n'ont eu finalement qu'à se déguiser en ouvrier, à mettre des bleus et des habits de travail et à faire comme s'ils faisaient partis du chantier, ce qu'ils ont parfaitement réussi", poursuit Brendan Kemmet. 

Il est six heures du matin, le gang vient de passer huit longues heures à percer les murs. Sur les images de vidéosurveillance, que le JT de TF1 s'est procuré en exclusivité, on peut voir l'un des cambrioleurs sortant de l'orifice qu'il a creusé à l'aide de matériels de professionnels du BTP. Un trou de souris que l'on repère à droite de l'énorme porte blindée (photo ci-dessous). 

TF1
Lire aussi

162 coffres individuels forcés

Voilà le bandit dans le Saint-Graal, la salle des coffres. Dernière image saisissante, captée par la caméra, que le roi du fric-frac détruira quelques secondes plus tard. Pour Maître Emmanuel Ludot, avocat au barreau de Reims, qui défend l'une des victimes, les quatre hommes cagoulés n'avaient rien laissé au hasard. "Ils disposaient d'informations que seul le Crédit Lyonnais pouvait avoir. Ils ont agi en toute impunité, faisant du bruit, ne cherchant pas à se dissimuler comme s'ils étaient dans un service commandé", explique-t-il.

TF1

En une petite heure, les redoutables malandrins vont forcer 162 coffres individuels. Dans leurs fuites, ils mettront le feu à la pièce afin d'effacer à jamais toutes traces ADN ou empreintes digitales. Le butin est sans doute colossal, mais inestimable. En effet, l'immense majorité des propriétaires de coffres n'a pas déposé plainte, préférant taire à jamais ce qu'ils y cachaient. Les désormais gardiens de leurs secrets, eux, coulent sans doute une retraite heureuse. Le gang des termites n'a jamais été retrouvé.


V. Fauroux - Reportage vidéo : Georges Brenier, Jean-François Drouillet

Tout
TF1 Info