Le 20h

VIDÉO - "On ne voit ça que dans les films" : des témoins racontent les explosions survenues à Bergerac

Léa Prati | Reportage E. Braem, C. Brousseau.
Publié le 4 août 2022 à 10h01, mis à jour le 4 août 2022 à 10h08
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Mercredi, les explosions survenues dans une poudrerie à Bergerac, en Dordogne, ont fait huit blessés.
Elles ont été entendues dans une bonne partie de la ville.
Comment les habitants ont-ils vécu l'événement ? TF1 a recueilli leurs témoignages.

Quelques heures après les faits, une partie des riverains décrivaient le chaos. Mercredi 3 août, huit personnes ont été blessées, dont une en état d'urgence absolue, par "plusieurs explosions" sur le site de la poudrerie Eurenco à Bergerac (Dordogne), classé Seveso "seuil haut". La "nitrocellulose contenue dans un atelier s’est enflammée lors d’opérations de maintenance", a indiqué dans un communiqué le groupe Eurenco, leader européen dans le domaine des poudres et explosifs, ajoutant que "la cause de l’accident est pour l’instant non déterminée".

Les explosions se sont produites dans "un des bâtiments de stockage, ce qui a provoqué un incendie". En fin d'après-midi, le groupe a assuré que "la situation [était] sous contrôle", mais les habitants restent inquiets. Sur place, encore sonné, Enzo Granger, 28 ans, chaudronnier pour un sous-traitant explique avoir entendu "entre six et sept explosions". Et c'est au bout de la troisième qu'il s'est "mis à courir", en voyant des "morceaux de briques partir dans tous les sens, des bouts de fer, des fenêtres". Il ajoute avoir vu "comme une espèce de bulle d'air qui sortait des bâtiments pendant les explosions", "le souffle", et "l'onde de choc". "Je me suis dit : 'on ne voit ça que dans les films'". Là, "un homme est sorti la tête en sang", le "crâne ouvert". "Il lui manquait une chaussure, je l'ai aidé à marcher", détaille Enzo Granger.

Un incident qui inquiète les habitants

Dans le quartier voisin de l'usine, les explosions ont été ressenties par les habitants présents sur place. "Il y en a eu plusieurs petites, on s'est demandé ce que c'était et après, il y en a eu une grosse qui, là, a fait un peu plus trembler les choses", explique l'un des habitants du village. Dans un des cafés de la commune visité par l'équipe du 20H de TF1, les déflagrations ne sont pas passées inaperçues non plus. "Ils ont évacué des habitants, ça pose question parce que l'usine se situe quand même à proximité des habitations", explique un homme, assis au comptoir, dans le reportage en tête de cet article.

Ici, on vit avec la notion du risque, en zone Seveso. Mais un accident comme celui-là n'est pas anodin. Dans la ville de Bergerac, certains habitants ont un lien particulier avec l'usine Seveso, comme la pharmacienne interrogée. "J'ai entendu une première explosion, puis deux, puis trois. Il y a des blessés donc c'est quand même assez inquiétant", explique-t-elle. "Il aurait pu s'agir de personnes que l'on connaissait..."

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Dans le centre-ville, tout le monde ne parle que de l'accident et des blessés qu'il a occasionnés. "C'est important que les gens sachent effectivement ce qui s'est passé pour ne pas se dire que cela peut se renouveler demain", lance une habitante. Pour faire la lumière sur cet événement, Jean-Charles Jobart, sous-préfet de Bergerac, a indiqué qu'il allait falloir "une enquête administrative pour pouvoir déterminer les causes de cet incident", qui a eu lieu dans un bâtiment contenant "moins de deux tonnes de nitrocellulose". 


Léa Prati | Reportage E. Braem, C. Brousseau.

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