Inflation : les prix s'envolent

"J’avais la haine" : les vols de pièces détachées auto se multiplient

Léa Tintillier | Reportage TF1 Marine Chaize, Marion Larradet
Publié le 9 juin 2022 à 17h40
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Phares, portes, parechocs, pots catalytiques… Les vols de pièces détachées de voitures sont en recrudescence.
En cause, la pénurie de pièces, mais aussi l’augmentation de leurs prix.
Des victimes témoignent.

Un matin, alors qu’il s’apprêtait à partir au travail, Pierre a découvert sa voiture totalement détruite dans le garage de sa résidence. "Au début, quand j’ai vu mon véhicule, j’ai dit ‘mais ce n’est pas possible, ce n’est pas mon véhicule’. J’ai bien compris que je ne le récupérerais pas. J’avais la haine, c’est sûr", témoigne-t-il dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. 

Les voleurs se sont introduits en pleine nuit. Le mode opératoire est toujours le même : ils volent les pièces détachées, puis aspergent la voiture avec un extincteur pour ne laisser aucune trace. Le véhicule devient alors inutilisable. "Ils m’ont balancé l’extincteur sur le moteur, ils m’ont démonté les câbles pour récupérer les phares", poursuit Pierre. 

Phares, portes, parechocs, les vols de pièces détachées se multiplient, à cause de la pénurie et de l’augmentation des prix. Elles sont ensuite revendues sur le marché de l’occasion. "Les pièces les plus volées sont celles qui sont à l’extérieur de la voiture et qui se démontent facilement", explique Raymond Vié, ancien président des professionnels de l’automobile. "Je prends un exemple, il y a des phares de certaines voitures qui coûtent plus de 1000 euros", ajoute-t-il. 

Les pots catalytiques sont également très prisés des voleurs. Ils contiennent en effet du rhodium, un métal qui vaut plus cher que de l’or. Le phénomène touche toute l’Europe. 

Trois véhicules vandalisés en une nuit dans une résidence

À quelques kilomètres de là, dans une résidence, trois véhicules ont été vandalisés en une nuit. Cette fois encore pour leurs pièces détachées. "Je ne m’y attendais pas. Sur le moment, je me suis dit que c’était une blague. Pour moi, c’était sécurisé, c’était dans un sous-sol, en plus fermé", dit une habitante de la résidence victime de vol. 

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Inquiets, les habitants ont porté plainte et ont décidé de s’organiser. "On a un peu stressé donc on a mis en place pas mal de rondes. Il y a une bonne partie des résidents et des locataires qui se sont relayés pendant deux semaines, à peu près, le temps qu’on mette en place des caméras", explique Judikaël Lemaire, président du syndicat de copropriété de la résidence. Depuis l’installation de la vidéosurveillance, aucun vol n’a plus été commis. Les professionnels conseillent aussi des garages avec des sas d’entrée pour éviter les intrusions. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Marine Chaize, Marion Larradet

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