Crise à la police judiciaire : une réforme contestée

VIDÉO - Limogé, le patron de la PJ de la zone Sud applaudi par des centaines de policiers

M.G
Publié le 7 octobre 2022 à 20h12
JT Perso

Source : TF1 Info

Le directeur de la police judiciaire (PJ) de la zone Sud, Éric Arella, a été évincé vendredi.
Cette décision intervient au lendemain d'une manifestation de ses troupes à Marseille contre la controversée réforme de la PJ.
Au moment de quitter son lieu de travail, le policier a été applaudi par des centaines de pairs qui lui ont fait une haie d'honneur.

Un départ par la grande porte. Éric Arella a été chaudement applaudi par des centaines de collègues, vendredi, au moment de quitter son bureau. Il a également été accueilli par une haie d'honneur, devant le commissariat de l'Évêché, dans le 2e arrondissement de Marseille. 

Plus tôt dans la journée, le directeur de la police judiciaire (PJ) de la zone Sud a été évincé par la direction générale de la police nationale (DGPN). Cette décision fait suite à l'accueil glacial, la veille, de Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale, par quelque 200 officiers mobilisés contre la réforme de la police judiciaire voulue par le gouvernement. À sa sortie de réunion, ce dernier avait notamment été contraint de fendre une haie de policiers, bras croisés et silencieux. "Comme pour toute réforme, il y a des discussions, il peut y avoir des désaccords. Mais une telle déloyauté n'est pas acceptable", a fustigé, auprès de l'AFP, la DGPN. 

"Tout le monde est abasourdi, c'est un choc"

Le départ de l'officier, qui pilotait depuis sept ans les enquêtes sur la grande criminalité et le narcobanditisme dans le sud de l'Hexagone, a suscité une immense levée de boucliers. "Tout le monde est abasourdi, c'est un choc", a confié un cadre d'un office central de la police judiciaire. Le syndicat des commissaires s'est insurgé contre une "décision brutale et injuste". Même son de cloche du côté de la justice. L'Association française des magistrats instructeurs (Afmi) a dénoncé un "mode de gestion autoritariste" et la procureure de Marseille, Dominique Laurens, a regretté "une immense perte", celle d'"un très grand serviteur de l’État".

Ce vendredi, plusieurs manifestations ont été organisées pour dénoncer ce limogeage, vu comme injuste. "C’est une honte, on lui fait porter le chapeau. Il a toujours été loyal. Et ce sont la quasi-totalité des responsables qui sont contre cette réforme", a critiqué une source de la PJ à Marseille. Des centaines de policiers ont ainsi défilé dans l'Hexagone, comme à Versailles ou Marseille. Dans la cité phocéenne, les policiers de la PJ ont aussi déposé les armes pour signifier leur désaccord. 

À noter que Dominique Abbenanti, actuellement attaché de sécurité à Alger, va remplacer Éric Arella.

Lire aussi

Pour rappel, depuis plusieurs mois, la police et la justice s'inquiètent de la réforme portée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et Frédéric Veaux. Cette réorganisation prévoit de placer tous les services de police d'un département -renseignement, sécurité publique, police aux frontières (PAF) et police judiciaire (PJ) - sous l'autorité d'un seul Directeur départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet.


M.G

Tout
TF1 Info