Le 13H

Immeubles effondrés à Marseille : trois ans après le drame, l'hommage aux victimes de la Rue d'Aubagne

La rédaction de LCI
Publié le 5 novembre 2021 à 16h24
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

ENQUÊTE – En novembre 2018, deux immeubles rue d’Aubagne s’effondrent, faisant huit victimes. Trois ans plus tard, les Marseillais se rappellent et constatent que peu d’actions ont été prises pour que la situation ne se reproduise plus.

Pendant huit minutes, le silence s’est fait rue d’Aubagne, dans le 1er arrondissement de Marseille. Devant ce qui était autrefois deux immeubles et qui est maintenant vide, les familles, les amis des huit victimes de l’effondrement et les habitants de Noailles se sont recueillis ce vendredi matin. 

Torches à la main, ils ont tenu à dire qu’ils n’avaient rien oublié. "C’est toujours long, dur, ça fait trois ans. Je n’ai pas l’impression que beaucoup de choses ont vraiment changé", avoue un jeune homme présent sur place. "Toujours beaucoup d’émotions de revivre ces instants où huit vies se sont arrêtées", confie un autre.

Encore 40.000 logements indignes à Marseille

Trois ans après, l’émotion est toujours vive. La rue d’Aubagne a été rouverte aux piétons, mais certains riverains n’ont pas pu revenir chez eux et ceux qui sont restés sont toujours traumatisés. "Cet effondrement, c’est un effondrement psychique, c’est-à-dire que pour qu’une ville en arrive à ce niveau-là, dans un quartier hyper centre, au pied de la Canebière, c’est impensable", juge une habitante des lieux. 

D'autant que le problème du logement insalubre est toujours d'actualité. À Marseille, 40.000 logements indignes peuvent encore être recensés.  Dans la rue d'Aubagne, les pouvoirs publics ont racheté plusieurs immeubles pour éviter de nouveaux incidents. Mais d'autres propriétaires s’inquiètent, refusant d’être expropriés pour des prix qu'ils jugent dérisoires, préférant plutôt faire les travaux eux-mêmes. "Ce qui est difficile, c’est de ne pas avoir de perspectives en fait", souligne Sabine, une propriétaire. 

"Il y a encore actuellement 600 immeubles qui sont en péril et qui sont condamnés, certains depuis novembre 2018, qui sont en attente de réparation, pour que les locataires puissent les réintégrer ou pour qu’ils puissent être remis sur le marché", explique Kévin Macher, membre du collectif "5 novembre : Noailles en colère".

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Quant à l'enquête sur les raisons d'un tel effondrement, elle est toujours en cours. Selon un rapport d'experts mandatés par la justice et consulté par 20 Minutes, un pareil incident ne constituait pas une surprise au vu de l'état des immeubles. "Tous les experts qui étaient intervenus depuis l’année 2005 avaient unanimement signalé la gravité de la situation et son évolution, pour chacun des immeubles 63, 65 et 67 rue d’Aubagne", est-il écrit dans le rapport. Une rencontre entre le juge d'instruction et les familles est prévue début 2022. 


La rédaction de LCI

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