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VIDÉO - Marseille : l'Etat condamné pour son inaction face aux rodéos urbains

La rédaction de LCI
Publié le 20 août 2020 à 20h41
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Source : TF1 Info

JUSTICE - L’Etat a été condamné à verser 10.000 euros à une habitante d'un quartier défavorisé de Marseille qui dénonce depuis 2012 l'inaction des pouvoirs publics face aux rodéos urbains de deux-roues.

C'est une décision inédite. Dans ce jugement, daté du 3 août et révélé par la presse locale, le tribunal administratif de Marseille estime que "le préfet de police des Bouches-du-Rhône a pris des mesures insuffisantes pour restaurer la tranquillité publique" dans le quartier de la plaignante, Le Verduron, dans le quinzième arrondissement, un des plus pauvres de la ville. Le tribunal, pointant une "faute de la part de l'Etat", reconnaît que cette habitante "a subi des nuisances sonores à raison de plusieurs jours par semaine depuis au moins 2012".

La préfecture de police avait indiqué dans des courriers adressés à un collectif de riverains avoir procédé à des actions de sensibilisation, des rondes, des contrôles ainsi qu'à la saisie d'une motocyclette en 2012. Elle soulignait en outre avoir procédé à une interpellation en 2017 "tout en rappelant la dangerosité" de ces dernières "pour les personnes directement concernées, les agents de police et les passants", rappelle le tribunal. Mais ces lettres "ne sont pas de nature à établir, par leur caractère très général, que l’action des services de police aurait été adaptée à l’ampleur des nuisances sonores subies par les riverains", souligne la justice. 

Un nouveau plan de lutte contre les rodéos urbains

En conséquence, la justice administrative a condamné l'Etat à verser la somme de 10.000 euros à la plaignante, "augmentée des intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable reçue le 2 octobre 2017". Contactée par l'Agence  France Presse, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter cette décision. Fin mai, l'ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a confié à deux députées une mission de réflexion afin d'élaborer un nouveau plan de lutte contre les rodéos urbains, un délit passible de deux ans de prison ferme et 30.000 euros d'amende.

Si le phénomène des rodéos sauvages n'est pas nouveau, les exaspérations de riverains sont montées d'un cran ces derniers mois avec le confinement. Et plusieurs accidents ont marqué les esprits. Mi-mai, un policier avait été blessé en Seine-Saint-Denis en voulant intercepter les participants d'un rodéo rassemblant une trentaine de deux-roues sur l'autoroute. En juin, un enfant de 5 ans a été gravement blessé à Vaulx-en-Velin, dans la métropole de Lyon, après avoir été renversé par un deux-roues qui faisait un rodéo. 


La rédaction de LCI

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