Un pillage à grande échelle se déroule au large de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Les centaines d'épaves, qui gisent au fond de l'eau, renferment souvent des trésors archéologiques.
Des plongeurs les récupèrent pour les vendre alors que c'est illégal.

Au cœur du parc des Calanques, au pied de l'île Riou, c'est une expédition qui ne passe pas inaperçue. À bord d'un navire scientifique de 42 mètres, il y a un équipage composé d'archéologues et d'ingénieurs, épaulé par un robot sous-marin. À plus de 50 mètres de profondeur, sans localisation précise, reposerait l'épave d'un avion de Saint-Exupéry, disparu en 1944. "Le robot permet d’aller explorer les fonds sous-marins et découvrir des biens maritimes ou des objets de tous types", explique Hélène Tétard, secon capitaine (Navire Alfred Merlin).

Une pratique illégale

Des objets inestimables qui attisent la convoitise des pilleurs d'épaves. S'engage alors une course contre-la-montre pour ces roboticiens qui traquent le moindre indice. C'est la mission d'Alexis Rochat, ingénieur au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Ce jour-là, impossible de retrouver les débris de l'avion de l'écrivain. 

Piller l'une des 245 épaves coulées au large de Marseille, puis le revendre, c'est illégal mais lucratif. Sur une plateforme de vente entre particuliers, il y a des dizaines d'annonces, dont un Col d'amphore provenant d'une épave. Il est mis à prix pour 200 euros.  À l'exception des navires étrangers, les objets trouvés sur les épaves appartiennent à l'État.

Dans l'entrepôt du ministère de la Culture, dont l'adresse est tenue secrète, sont stockées toutes les saisies des découvertes archéologiques. "Il y a eu vol de cet objet mais aussi dégradation" montre dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article, Arnaud Schaumasse, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Ici, c'est un service de soin intensif pour les trésors de nos épaves qu'ils font sur place. Chaque année, 7300 objets sont découverts. Le pillage et le vol sont quant à eux punis, jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amendes.


La rédaction de TF1 | Reportage Emmanuelle Binet, Maroine Jit, Etienne Bonnot

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