VIDÉO - "On fuit" : un mois après le suicide de Lindsay, son collège toujours sous le feu des critiques

par V. F | Reportage TF1 : Antoine Bourdarias, Corinne Chevreton et Jean-Philippe Héquette
Publié le 14 juin 2023 à 9h40, mis à jour le 14 juin 2023 à 10h58

Source : JT 20h Semaine

Un mois après le suicide de Lindsay dans le Pas-de-Calais, le ministre de l'Éducation a promis de muscler la lutte contre le harcèlement.
Cela passe notamment par une heure de sensibilisation pour tous les collégiens.
Pour autant, les amies de la jeune fille continuent d'être la cible de moqueries et de menaces.

Océane Levecque est en troisième, dans le collège où était scolarisée Lindsay, à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Elle aussi se dit victime de harcèlement depuis plusieurs années. Un mois après la disparition de sa camarade, elle assure que rien n'a changé. "Pour le moment, je me concentre sur mes cours même si c'est compliqué. On m'a dit : 'en fait, tu ne te fais pas harceler, c'est juste pour faire la star'. Donc j'ai trouvé ça totalement horrible parce qu'ils ne connaissent pas ma vie, ils ne connaissent pas ce que je vis, donc je ne comprends pas", assure-t-elle dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article.

Sa mère estime, elle, que rien n'est fait pour soutenir sa fille. Elle a donc décidé de déménager et de scolariser Océane dans un autre établissement. "C'est que du bla-bla et je ne crois même plus réellement à l'Académie (de Lille, ndlr), je ne crois même plus en la justice. On s'en va, on fuit cette atmosphère, ces gens qui harcèlent aussi bien dans les rues qu'au collège", affirme-t-elle, dépitée.

Des effectifs renforcés

Justement, pour savoir quelles mesures ont été prises depuis la mort de Lindsay, le JT de TF1 est retourné devant le collège Bracke-Desrousseaux. Sur les quatre élèves mises en cause, une a été exclue définitivement par un conseil de discipline. Les trois autres ont été exclues temporairement. C'était la seule marge de manœuvre du principal. Quant aux effectifs du collège, ils ont été renforcés par cinq personnes supplémentaires, dont une assistante sociale, une infirmière, et un autre principal. 

Mais cela n'a pas soulagé Olivier Dehaene. Sa fille, également victime de harcèlement, n'a plus voulu retourner en cours depuis la mort de Lindsay. "J'ai prévenu que Flavie ne se sentait plus en sécurité dans le collège et qu'elle ne viendrait plus. Et depuis, je n'ai aucun appel pour dire : "mais Flavie, elle peut revenir, on peut s'en occuper, on va être là, on va la surveiller...'. Absolument aucun message, aucun appel, aucun coup de téléphone, rien", dénonce-t-il. 

Contactée par téléphone, l'Académie de Lille n'a pas souhaité commenter ces critiques contre l'équipe pédagogique. Elle rappelle juste qu'une enquête administrative est en cours. Ce dimanche, la famille et les proches de Lindsay organisent un hommage et une nouvelle marche blanche à Vendin-le-Vieil.


V. F | Reportage TF1 : Antoine Bourdarias, Corinne Chevreton et Jean-Philippe Héquette

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