Mort de Lucas : quatre adolescents reconnus coupables de harcèlement, mais pas du suicide du collégien

par La rédaction de TF1info
Publié le 5 juin 2023 à 9h11, mis à jour le 6 juin 2023 à 15h13

Source : JT 20h Semaine

En janvier, le jeune Lucas s'est donné la mort à 13 ans à Golbey, dans les Vosges.
L'adolescent était victime de harcèlement scolaire depuis la rentrée de septembre.
Quatre mineurs ont été reconnus coupables de harcèlement, mais pas du suicide.

L'histoire avait rappelé avec cruauté les dangers du harcèlement. Lucas, 13 ans, s'est suicidé début janvier après avoir subi une vague de harcèlement scolaire homophobe depuis la rentrée. Six mois plus tard, ce lundi 5 juin, quatre collégiens de 13 ans ont été reconnus coupables de harcèlement. Mais le tribunal pour enfants d'Épinal n'a pas retenu de lien de causalité entre ces faits et le suicide de l'adolescent.

Jusqu'à 18 mois de prison

Le jeune Lucas s'était suicidé le 7 janvier, après avoir écrit un mot exprimant sa volonté de mettre fin à ses jours. Un drame qui avait suscité un émoi national. D'autant que proches de l'adolescent avaient révélé les faits de harcèlement dont était victime l'enfant, décrivant les moqueries et insultes à caractère homophobe dont il s'était dit victime de la part d'autres élèves de son collège. Mais lors de l'audience, qui s'était tenue à huis clos le 3 avril, le parquet n'avait pas requis la reconnaissance du harcèlement comme cause du suicide, contredisant ainsi ses propres conclusions rendues à la fin de l'enquête. "Au vu de l'analyse du dossier et de ce qui s'est dit à l'audience, il restait un doute par rapport à la causalité" entre le harcèlement et le geste désespéré de Lucas, avait indiqué à l'AFP le procureur d'Épinal, Frédéric Nahon.

Le tribunal pour enfants est allé dans le même sens en requalifiant les faits de harcèlement scolaire ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours. Résultat : les jeunes adolescents, deux filles et deux garçons, encourent jusqu'à 18 mois de prison. Une peine maximale qui aurait été beaucoup plus sévère si le tribunal les avait reconnus coupables d'avoir entraîné le suicide. Ils encouraient alors jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Des mesures éducatives provisoires ont été prononcées à l'encontre des quatre collégiens de Golbey, dans les Vosges, dans l'attente d'une prochaine audience. Fixée au 22 janvier prochain, elle doit permettre de décider de leurs sanctions dans un second temps, après une période de "mise à l'épreuve", conformément au nouveau Code de justice pénale des mineurs en vigueur depuis septembre 2021.


La rédaction de TF1info

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