Pour la quatrième nuit de suite, des violences urbaines ont été éclaté un peu partout dans l'Hexagone, en réaction à la mort de Nahel.
Près d'un millier d'individus ont été interpellées lors de ces troubles nocturnes d'une "intensité moindre", notamment à Marseille et Lyon.

Commerces pillés, véhicules calcinés, bâtiments saccagés... Pour la quatrième nuit d'affilée depuis la mort de Nahel, tué par un tir de police, mardi 27 juin, à Nanterre, de nombreuses villes de France se sont de nouveau embrasées. Des scènes de violences sporadiques ont secoué l'Hexagone, dans la nuit du vendredi 30 juin au samedi 1ᵉʳ juillet. Quelque 1311 personnes, 752 en zone police, 406 à Paris et dans sa banlieue et 153 en zone gendarmerie, ont été interpellées lors de ces troubles nocturnes d'une "intensité moindre", d'après le dernier bilan place Beauvau.

Il y a eu "79 policiers et gendarmes blessés", a ajouté le ministère de l'Intérieur. 1350 véhicules ont été brûlés, 234 bâtiments ont été incendiés ou dégradés et 2560 départs de feu ont été comptabilisés sur la voie publique. Les services de Beauvau ont recensé en outre 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipale et 11 de casernes de gendarmerie. Des chiffres en net retrait par rapport à la veille.

Des poches de tensions à Marseille et Lyon

Afin de tenter d'enrayer la spirale des violences urbaines, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé, au 20H de TF1, un dispositif de sécurité "exceptionnel" avec 45.000 policiers, gendarmes et unités d'élite (GIGN, Raid, BRI) mobilisés sur le terrain. Des dizaines de fourgons de policiers étaient ainsi positionnés non loin de l'entrée du quartier du Vieux-Pont, à Nanterre, épicentre de la gronde des quartiers populaires, encore rythmé par des tirs de mortiers d'artifice, quelques heures avant l'inhumation de Nahel, samedi en début d'après-midi.

Dans la soirée, Marseille a encore été le théâtre de heurts et de pillages, du centre-ville puis plus au nord, dans ces quartiers longtemps laissés pour compte qu'Emmanuel Macron a visités en début de semaine. Plus d'une centaine d'interpellations ont eu lieu, incitant Gérard Darmanin, sollicité par le maire Benoît Payan, à y envoyer des renforts en urgence. 

Des scènes similaires ainsi que d'affrontements entre manifestants cagoulés et policiers ont aussi enfiévré la soirée dans certains coins de Nantes, Grenoble et Lyon. À Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, un homme a tiré au fusil en direction des forces de l'ordre. À Angers ou Tours, les points de tension se sont relâchés en milieu de nuit. En Nouvelle-Aquitaine, où de Bordeaux à Pau, en passant par Poitiers, le nombre d'incidents a été nettement plus limité, selon les autorités.

Des pillages à Lyon, un immeuble en feu à ToulouseSource : TF1 Info

La région parisienne n'a pas été épargnée par les violences. Des bureaux et véhicules d'Enedis ont été brûlés à Nanterre, où est mort Nahel. Une tentative d'intrusion a aussi eu lieu dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). À Colombes, toujours dans les Hauts-de-Seine, la ville a été enveloppée d'une forte odeur de brûlé. 

À Saint-Denis, un centre administratif a été touché incendié, et dans le Val-d'Oise, la mairie de Persan-Beaumont et le poste de police municipale se sont embrasés et ont été en partie détruits. Parmi les autres faits marquants relevés place Beauvau, dans les Yvelines, une crèche a été dégradée à Conflans-Sainte-Honorine, tandis que des départs de feu ont été notifiés dans un Franprix à Mantes-la-Ville, un bureau de poste et un local des Restos du cœur à Chanteloup-les-Vignes.

À Colombes, les stigmates d'une nouvelle nuit de tensionsSource : TF1 Info

"Le temps de la violence doit cesser pour laisser place à celui du deuil, du dialogue et de la reconstruction", avaient pourtant exhorté les joueurs de l'équipe de France, dans un communiqué relayé par Kylian Mbappé. 

Les Bleus, se disant "marqués et choqués par la mort brutale du jeune Nahel", avaient lancé un "appel à l'apaisement, à la prise de conscience et à la responsabilisation", assurant que la violence devait laisser place à "d'autres manières pacifiques et constructives de s'exprimer". Un appel au calme et à la raison qui n'a été que partiellement entendu. 


Y.R. avec AFP

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