À Marseille, des centaines de policiers se sont mis en arrêt maladie pour protester contre la mise en examen de quatre de leurs collègues.
Depuis ce 21 juillet, il n'est quasiment plus possible de déposer plainte dans un commissariat de la ville.
Le 13H de TF1 s'est rendu à Marseille pour comprendre ce phénomène.

Les services de police de Marseille fonctionnent au ralenti. Entre 300 et 600 policiers, fonctionnaires de la BAC et brigades de terrains se sont mis en arrêt maladie. En cause : l'incarcération de quatre de leurs collègues ce jeudi 20 juillet. Ces derniers ont été mis en examen, dont un a été placé en détention préventive, pour violence en réunion sur un jeune homme. Les faits remontent au 2 juillet, lors des émeutes qui avaient suivi la mort du jeune Nahel à Nanterre. Les policiers n'ayant pas le droit de se déclarer formellement en grève, beaucoup d'agents marseillais se sont mis en arrêt maladie pour montrer leur colère et indignation.

Depuis ce vendredi, il est quasiment impossible de déposer une plainte à Marseille et dans ses alentours. Comme le montre le reportage en tête de cet article, de nombreux commissariats sont fermés. Et ceux qui sont encore ouverts refusent catégoriquement d'enregistrer des plaintes. Seules certaines urgences graves sont prises en charge par la police, en appelant le 17.

"Il y a beaucoup de collègues qui ne se sentent pas en état de travailler"

L'équipe de 13H de TF1 a rencontré un étudiant qui s'est fait voler son téléphone dans la soirée de samedi. Il a pu rentrer dans un commissariat du centre-ville, mais il n'a pas pu déposer plainte. "Ce matin, Le policier m'a dit (...) que cela ne servait à rien de porter plainte, car ils ne les prennent pas aujourd'hui", explique le jeune homme dans la vidéo en tête de l'article.

Bien que l'enquête sur leurs quatre collègues soient encore en cours, les policiers marseillais ne comptent pas reprendre le travail immédiatement. "Il y a beaucoup de collègues qui ne se sentent pas en état [de travailler]. Psychologiquement, ils sont affaiblis. On est soumis à la violence, on est soumis au stress. Et quand psychologiquement vous n'êtes pas en état, il vaut presque mieux ne pas travailler plutôt que de devenir un danger pour soi-même ou autrui sur la voie publique", affirme Sébastien Greneron, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale.

La préfecture de police conseille aux habitants d'aller déposer plainte en dehors de la ville de Marseille en cas d'urgence. Ce lundi 24 juillet, de nouveaux policiers marseillais pourraient se déclarer, à leur tour, en arrêt maladie.


La rédaction de TF1info | Reportage : Pauline Lefrançois, Sylvain Fargeot

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info