La tension ne retombe pas en Nouvelle-Calédonie, malgré la venue d'Emmanuel Macron.
Une septième personne a été tuée ce vendredi sur l'archipel.
Les équipes de TF1 se sont rendues au cœur du quartier sensible de Tindu, à Nouméa.

Impossible d'entrer dans ces quartiers hostiles à l'autorité de l'État, quasiment coupés du monde, sans être accompagné. Celui qui guide l'équipe des journalistes de TF1, et qui vient d'échanger quelques mots avec un homme armé d'une hache, est un membre de la CCAT, la Cellule de coordination des actions de terrain des indépendantistes. Il permet de passer les barrages tenus par des hommes sommairement armés et de pénétrer dans cette zone de non-droit qu'est devenu le quartier de Tindu, à Nouméa. 

Pour rester dans ce secteur de la ville, il faut respecter la coutume et offrir le Manou, une pièce de tissu, aux hôtes. Une tradition kanak chère au cœur des locaux. Mais ce qui est surtout frappant, c'est la défiance qui semble régner entre ces murs, à commencer par des jeunes encagoulés qui se montrent menaçants. Et véhéments. "On ne croit même pas à la démocratie française. On en a marre. Regardez l'état de la jeunesse, c'est l'image du pays", crache un jeune homme, visiblement échaudé. 

Un mouvement qui échappe à ses instigateurs ?

De manière générale, il est difficile de maintenir le dialogue avec ces insurgés, dont le comportement parait même échapper aux différents organes indépendantistes. Et la consommation massive d'alcool n'aide pas. "On a dit pas d'alcool, mais c'est difficile. Ils ont un stock. Même les référents sur place essayent de canaliser", glisse le guide néo-calédonien, sous couvert d'anonymat. Et alors que la tension peine à redescendre sur le territoire, en atteste le 7e décès depuis le début de la crise survenu ce vendredi, les leaders indépendantistes peinent à faire entendre leur message. "Le mot d'ordre, c'est le mot d'ordre qu'on a donné : occupation pacifique, on brandit le drapeau de la lutte kanak et on continue", martèle le membre de la CCAT suivi par TF1. 

En tout cas, il ne sera pas facile, pour les forces de l'ordre, de reconquérir ces territoires révoltés. C'est d'ailleurs à Tindu qu'est tombée l'une des victimes de ces émeutes. Le jeune Djibril est a été tué le 15 mai au début du chaos. "C'est à cet endroit qu'il a été visé, touché et abattu à mort", pointe un habitant. Dans un geste de panique, le propriétaire d'une maison d'en face a tiré et touché le jeune homme, qui s'est alors effondré. Un adulte, référent du quartier, raconte la scène, l'instant fatal. "Le gars descend et dit 'j'étais chez moi, on m'a caillassé. J'ai tiré, j'ai tiré pour que ça s'arrête. Si je tirais à côté, ils allaient recommencer'", détaille-t-il. 

Ce vendredi, c'est à Dumbéa, au nord de Nouméa, qu'un homme de 48 ans a trouvé la mort. Alors qu'ils circulaient dans la rue, deux policiers ont été "pris à partie physiquement par un groupe d'une quinzaine d'individus" et l'un d'eux a fait usage de son arme, a annoncé le procureur de Nouméa, Yves Dupas. Le coup de feu a été fatal à l'individu visé. "Le fonctionnaire aurait fait usage de son arme de service en tirant un coup de feu pour s'extraire de cette altercation physique", a précisé le magistrat, ajoutant que le policier, "sur lequel des traces de coups ont été relevées", a été placé en garde à vue. 


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Michel SCOTT et Fabrice AMZEL

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