Ocean Viking : pourquoi la justice a libéré 123 migrants ?

V. F - Reportage vidéo : Henri Dreyfus et Pauline Dumortier
Publié le 18 novembre 2022 à 21h44

Source : JT 20h WE

Une semaine après l'arrivée de l'Ocean Viking dans le port militaire de Toulon, 123 migrants vont pouvoir quitter librement la "zone d'attente".
Une situation rendue possible après un imbroglio judiciaire.

Ce vendredi, tout au long de la journée, des dizaines de migrants de l'Ocean Viking ont quitté la presqu'île de Gien, à Hyères, d'où ils ne pouvaient en théorie pas sortir, pour une destination inconnue. Depuis une semaine et leur accostage, tous avaient été placés dans un centre de vacances, transformé en "zone d'attente" internationale. Mais ce geste humanitaire vire à l'imbroglio juridique.

Pas assez de juges, ni d'interprètes

Sur les 189 majeurs à bord de ce bateau, 66 avis favorables à l'entrée sur le territoire ont été émis, tandis que l'Ofpra a émis "123 avis défavorables" et les personnes concernées "font l'objet d'un refus d'entrée sur le territoire", a indiqué ce vendredi devant le Conseil d'État un représentant du ministère de l'Intérieur. Pour ces avis défavorables, l'État a demandé un maintien en "zone d'attente" et un renvoi dans leur pays d'origine, mais pour 108 migrants, les juges ont décidé de les remettre en liberté, faute de temps et de moyens. 

"On rajoute des choses, il n'y a aucune anticipation. Il n'y avait pas assez d'interprètes, par exemple. Il y a eu énormément de problèmes et aucune anticipation, alors que c'était couru d'avance", critique Aurélia Keravec, avocate commise d'office sur les zones d'attente. 

Quant aux 44 mineurs présents à bord de l'Ocean Viking, 26 d'entre eux ont pris la fuite de l'hôtel où ils avaient été placés. Une situation "qui évolue de minute en minute", a reconnu le ministère devant le Conseil d'État, à tel point que le gouvernement estime à douze le nombre de migrants toujours dans le centre vendredi après-midi. 

À ce flou s'ajoutent "les personnes libérées, mais revenues volontairement" sur le site "pour bénéficier" de l'hébergement, a reconnu, désabusé, le représentant du ministère.


V. F - Reportage vidéo : Henri Dreyfus et Pauline Dumortier

Tout
TF1 Info