VIDÉO - Pédocriminalité : attention aux "chats" en ligne, où se dissimulent des prédateurs

par JC | Reportage : Maurine Bajac, Quentin Danjou
Publié le 10 février 2024 à 20h30, mis à jour le 10 février 2024 à 20h38

Source : TF1 Info

Chaque jour, en France, 700 contenus pédocriminels sont signalés en ligne.
La Brigade de protection des mineurs guette les faux pas des pédocriminels en se faisant passer pour des filles mineures sur les chats.
TF1 a enquêté afin de savoir comment ces hommes, souvent bien plus âgés que leurs victimes, continuent d’agir.

Elles font partie du quotidien des adolescents. Snapchat, Instagram… Ces applications sont devenues leur principal outil de communication. Mais les adolescents savent-ils vraiment toujours à qui ils parlent ? Derrière des pseudos se cachent parfois des prédateurs sexuels. C’est ce qui est arrivé à Sarah (le prénom a été modifié), une jeune fille âgée de 11 ans. Un homme lui envoie des messages sur le réseau social Snapchat. Il prétend s’appeler Dylan et avoir 15 ans. 

J'ai accepté parce que j’étais naïve et que je voulais l’attention des gens
Sarah

Dylan commence par lui écrire des messages comme "Salut, ça va ? Tu as quel âge ? Tu habites vers où ?" Très vite, les messages deviennent plus crus. Sarah lui envoie une dizaine de photos de ses parties intimes avant de prendre conscience de son erreur et de le bloquer, par peur qu’il ne divulgue ses photos. "J'ai accepté parce que j’étais naïve et que je voulais l’attention des gens", témoigne aujourd’hui Sarah.

Quelques mois plus tard, la mère de Sarah est convoquée en urgence à la gendarmerie. Sarah fait partie d’un réseau de 200 victimes, âgées entre 10 et 15 ans, dont les photos ont été mises en ligne sur des réseaux pédopornographiques. Dylan s’appelle en réalité Pierre et il a en fait 20 ans. Un procès aura lieu courant février. La mère de Sarah en veut surtout aux messageries en ligne : "Ils me dégoûtent. Comment peuvent-ils se regarder sachant qu’ils mettent de la chair fraîche à la disposition de prédateurs ? C’est honteux et inadmissible", raconte-t-elle à TF1.

700 contenus pédocriminels signalés chaque jour

Chaque jour, 700 contenus pédocriminels sont signalés en ligne en France. TF1 a enquêté afin de savoir comment ces pédocriminels continuent d’agir sans aucun contrôle. En se rendant sur Coco, premier site de chat en France avec deux millions de visiteurs mensuels, et en se faisant passer pour une jeune fille âgée de 13 ans, notre journaliste reçoit des dizaines de propositions sexuelles en seulement une minute. Tous ces hommes cherchent des mineurs, ce qui est illégal et répréhensible : ils risquent cinq ans de prison. 

La brigade de protection des mineurs guette le moindre faux pas en se faisant passer pour des mineurs sur les forums. "Nous envoyons une réquisition et les sites nous répondent en nous donnant les informations dont ils disposent sur l’utilisateur. Nous pouvons aussi récupérer des adresses IP qui nous permettent d’identifier les personnes", explique à TF1 Marie-Eva, cheffe du groupe Internet. 

Les propriétaires de ces sites sont difficilement joignables. Coco change sans cesse de propriétaire et de pays. Après la France puis Hong Kong, la société est aujourd’hui hébergée sur l’île anglaise de Guernesey, échappant ainsi à tout contrôle. Des nouveaux sites comme ceux-là apparaissent chaque jour. Pour une avocate interrogée par TF1, la seule solution est de condamner directement les propriétaires de ces sites. 


JC | Reportage : Maurine Bajac, Quentin Danjou

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