JUSTICE – Le procès des attentats de l'automne 2015 débute le 8 septembre prochain. À cette occasion, pompiers, médecins, infirmiers reviennent sur la soirée des attentats de novembre 2015, au cours de laquelle ils ont pris en charge de nombreux blessés.

Qu'ils soient médecins, pompiers ou infirmiers, tous ont dit la même chose a posteriori : "On a dû faire le tri", "on a dû faire des choix". Des phrases difficilement audibles pour les familles des victimes qui n'ignorent pas pour autant que, si les professionnels avaient pu faire autrement, ils l'auraient fait. 

Mais ce soir-là, la situation est exceptionnelle. En moins d'une heure, Paris connaît sa plus grosse attaque terroriste avec pas moins de 130 morts sur différents sites et près de 400 blessés plus ou moins graves. 

Ce 13 novembre 2015, Olivier, médecin urgentiste, devient le chef de la coordination médicale. Lui et ses équipes n'ont qu'une chose en tête, sauver un maximum de personnes. Son entrée dans la salle du Bataclan, il la décrit ainsi, encore tout ému : "C'est un coup de massue. Des images qui sont terribles avec ce silence perturbé si l'on peut dire par des sonneries de portables." 

"On ne peut pas sauver tout le monde"

Christophe, adjudant chez à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, est lui le premier à être arrivé à la terrasse du café La Belle Équipe, rue de Charonne. "C'est difficile, parce que toutes les plaies sont importantes, tout le monde veut sauver son proche. Mais on ne peut pas sauver tout le monde. En étant un minimum pragmatique, et c'est difficile à dire, pour sauver un maximum de vies, il faut savoir faire la part des choses. On va déjà essayer de se cantonner à ceux qui sont conscients", se remémore le soldat du feu. 

Anesthésiste à l'hôpital Lariboisière, le docteur Océane Sultan est de garde quand une première patiente blessée par balles arrive aux urgences. "Il faut savoir que tout se fait assez rapidement. Une fois que je suis au bloc opératoire, quand on sort du bloc, 10-15 patients étaient arrivés entre temps. On passait de patient à patient. On se disait : 'Lui il va attendre, lui non'." Les patients nous regardaient, l'un avec sa balle du bras, l'autre la balle du ventre." Ce 13 novembre 2015, tous ceux qui ont porté secours aux victimes s'accordent sur un point : jamais ils n'auraient imaginé se confronter à de la médecine de guerre en plein Paris.


La rédaction de TF1info

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