Zones d'ombre sur un meurtre : Alain Laprie a-t-il été condamné à tort après la mort de sa tante ?

par M.T
Publié le 11 mars 2024 à 18h38
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Source : Sept à huit

Alain Laprie, 68 ans, a été condamnée à 15 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa tante, Marie Cescon Dalcin, dont il était l’unique héritier.
Mais quatre ans plus tard, un doute s'est installé, suffisamment pour que la justice autorise de nouvelles investigations.
"Sept à Huit", qui a recueilli des témoignages, dont celui d'Alain Laprie depuis sa prison, retrace cette affaire.

Un comportement suspect lorsqu'il apprend le décès

Le 17 mars 2004, Marie Cescon Dalcin, 88 ans, est retrouvée morte dans l'incendie de sa maison. La vieille femme vit seule à Pompignac, dans la région bordelaise. À 22h50, les voisins sont alertés par les flammes. Vers 23h30, Alain, le neveu de Marie, est le premier membre de la famille à arriver sur les lieux. L'ayant quitté le soir du drame aux alentours de 19h30, le neveu préféré de  "la tatie de Pompignac" est le dernier à l'avoir vue en vie. 

Son attitude intrigue des gendarmes sur place : "Il n'aura de cesse de vouloir pénétrer dans cette fameuse maison. (...) Il essuie un refus d'un enquêteur, et il va aller faire le siège d'un autre enquêteur pour essayer de passer par un autre biais. (...) On se dit 'pourquoi il veut à tout prix pénétrer ?'", détaille l'avocat des parties civiles Me Frédéric Dutin, face à la caméra de "Sept à Huit".

Le mobile financier rapidement envisagé

Marie Cescon Dalcin est à la tête d'un important patrimoine. Au fil du temps, elle a acheté l'ensemble des terrains autour de sa maison, sa fortune s'élevant à 700.000 euros. Elle avait désigné Alain comme légataire universel, mais dernièrement, les liens entre eux se seraient distendus. "Avant qu'il arrive (le jour du décès de Marie, NDLR), tatie nous a dit qu'elle était très en colère contre lui pour une histoire d'argent. (...) Elle, elle ne voulait plus donner d'argent", affirme Sylvie, une autre nièce de Marie. 

 À ce moment, la société d'Alain est en liquidation judiciaire. "On va se rendre compte qu'il y a des flux d'agent importants qui ont transité sur son compte, et que sa tante va être très généreuse financièrement", ajoute Me Frédéric Dutin. Dix jours après le drame, un nouveau témoignage conforte l'hypothèse des enquêteurs. Une amie de Marie révèle que "la tatie de Pompignac" a rédigé six mois plus tôt un nouveau testament, dont elle a gardé une copie. Alain est déshérité au profit d'une de ses tantes et de quatre de ses cousins.  

Selon les enquêteurs, Alain aurait tué sa tante, avant de mettre le feu à sa maison. Placé en garde à vue, il nie les faits. En avril 2007, Antoine Dalcin, l'oncle d'Alain, livre de nouvelles informations et enfonce le neveu. "Il me répond 'c'est moi qui ai fait le coup'. Il m'a attrapé par le cou et s'est mis à pleurer", assure-t-il aux enquêteurs.

Ce nouveau secret de famille est-il crédible ? Aujourd'hui, depuis sa prison, Alain dit ne toujours pas comprendre pourquoi les enquêteurs ne se sont pas interrogés sur l'intérêt que l'oncle Antoine pouvait avoir à le désigner. "C'est lui qui courait après son héritage trois jours après. Ma tante était encore chaude. Il y a des choses qui sont troublantes", affirme-t-il. 

Selon la défense d'Alain, les charges ne seraient pas suffisantes. Persuadé de son innocence, l’écrivain Philippe Jaenada sort quant à lui en octobre 2022 un livre consacré à cette affaire. 

Retrouvez plus de détails sur cette affaire dans le reportage de "Sept à Huit" en tête de cet article. 


M.T

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