Côte-d'Or : comment un homme a-t-il pu voler 7000 bouteilles de vin sans se faire repérer pendant 15 ans ?

par La rédaction de TF1info | Reportage Nicolas Robertson, Irvin Blonz, Grégory Martin
Publié le 23 février 2024 à 17h12

Source : JT 13h Semaine

Un homme de 56 ans, qui travaillait dans des maisons de vin dans le secteur de Beaune (Côte d'Or), a été arrêté début février.
Il est soupçonné d'avoir dérobé plus de 7000 bouteilles de vin, pour une valeur supérieure à 500.000 euros, sur une quinzaine d'années.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

C'est l'un des plus grands larcins de vin de l'histoire. Un employé d'une maison de Bourgogne est soupçonné d'avoir volé à ses employeurs plus de 7000 bouteilles, pour un préjudice d'au moins 500.000 euros. Un récit si rocambolesque que les habitants de Beaune (Côte-d'Or) ont du mal à y croire. "Incroyable. Moi, je travaille dans une boutique juste à côté, je ne me vois pas voler quelque chose", réagit une passante dans le reportage de TF1 ci-dessus. 

Il n'aurait revendu aucune bouteille

Selon le quotidien local Le Bien Public qui a révélé l'affaire, l'employé aurait été filmé par une caméra de surveillance en train de dérober quatre bouteilles. Après une plainte de son employeur, l'homme est interpellé et sa maison est perquisitionnée. C'est ainsi que les enquêteurs découvrent plusieurs caves, avec à l'intérieur, des milliers de bouteilles. Le patron reconnaît les siennes, ainsi que celles d'autres maisons de vin où a travaillé le voleur.

Ce dernier aurait accumulé son butin sur une quinzaine d'années. Comment cet employé a-t-il pu voler de si nombreuses bouteilles pendant tout ce temps, sans jamais se faire démasquer ? Première explication : "Aucun élément n'indique dans la procédure qu'il ait revendu la moindre bouteille", a expliqué le procureur.

Les grands crus bourguignons valent pourtant de plus en plus cher : "Le Puligny-Montrachet, le Meursault... ils ont pris un bon 50% dans les derniers cinq ans", abonde Andrea Minardi, directeur d'une boutique de maisons des vins à Beaune. Le voleur, lui, a justifié ce choix auprès de la police en évoquant une âme de collectionneur. 

Les bouteilles n'étaient pas étiquetées

Autre élément ayant joué en faveur du brigand : les bouteilles étaient très probablement sans étiquette, rendant quasiment impossible pour le patron de remarquer les vols. "Bien sûr, il y a un inventaire, bien sûr, il est précis, mais on ne le refait pas toutes les semaines", détaille Aymeric de Clouet, expert en vins et spiritueux interrogé par TF1. 

"Si la personne a été prudente, et ça a l'air d'être le cas, puisque c'est quelqu'un qui prenait une à trois bouteilles à chaque larcin, la différence de stock sur une année est quasiment invisible", analyse le spécialiste. 

L'homme de 56 ans a été interpellé et placé sous contrôle judiciaire jusqu'à son procès, prévu le 6 août. Ce vol se classe parmi les plus importants du genre, au niveau de celui perpétré, en 2019 au domicile d'un courtier bordelais. Y avaient été subtilisés une centaine de caisses de Petrus, Mouton-Rothschild, ainsi qu'un flacon de la très prestigieuse Romanée-Conti, un Bourgogne qui se targue d'être le vin le plus cher au monde. Le préjudice s'élevait également à un demi-million d'euros.


La rédaction de TF1info | Reportage Nicolas Robertson, Irvin Blonz, Grégory Martin

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