Les vols de métaux dans les déchetteries ont explosé au cours des derniers mois.
Ils sont de plus en plus prisés avec l’envolée des cours sur le marché international.
Parfois, les malfrats s'en prennent directement aux agents, comme le week-end dernier en Gironde.

Avec l'envolée des cours sur le marché international, les vols de métaux explosent un peu partout dans l'Hexagone, parfois accompagnés de violences. Le week-end dernier, un agent de la déchetterie de Beguey (Gironde) a été victime d’une tentative d’agression. En quittant le site, l'employé a été pourchassé par des individus qui circulaient à bord de deux camionnettes. Les malfrats, munis de barres de fer, l'ont obligé à s'arrêter. L'agent a finalement réussi à se sortir in extremis de ce guet-apens. Encore sous le choc et craignant des représailles, c'est la responsable du site qui témoigne à sa place.

"On peut avoir parfois quelques petites altercations, une petite pression. Mais cela n'était jamais arrivé à ce point-là", déplore Élodie Bittard, directrice générale des services au syndicat de collecte des ordures ménagère Semoctom, dans la vidéo qui accompagne cet article. La responsable dit avoir constaté une montée en violence, notamment depuis que la sécurité a été renforcée sur le site. "Ce n'est pas tolérable. On ne peut pas accepter que des individus qui viennent voler des métaux dans des déchetteries publiques fassent leur loi", soutient Élodie Bittard au micro de TF1. 

Si on laissait faire, ils pourraient revendre jusqu’à 140 tonnes de ferraille chaque année. Ça représente entre 140.000 et 150.000 euros.
Élodie Bittard, directrice générale des services au syndicat de collecte des ordures ménagère Semoctom

Ce qui intéresse les malfrats, c’est le fer qui se trouve à l’intérieur d’une benne. Tous les soirs, des individus pénètrent à l’intérieur du site pour la vider. Et cela dure depuis des mois. Pour éviter ces vols, la benne est vidée chaque jour. La déchèterie revend les métaux, ce qui permet de financer son fonctionnement, autant d'argent en moins dans les poches des trafiquants. "Si on laissait faire, ils pourraient revendre jusqu’à 140 tonnes ferraille chaque année. Ça représente entre 140.000 et 150.000 euros. Ce sont 15 à 20% de budget en moins qu’on doit récupérer auprès des contribuables", s’agace la directrice, dans la vidéo. 

On fait notre boulot et on ne sait même pas si on va rentrer entier chez nous
Un agent de déchetterie, victime d'une agression en Charente

Caméras de vidéosurveillance, murs d’enceinte de deux mètres de haut, cadenas censés être inviolables, rien ne semble pouvoir arrêter ces malfrats. "Le but, c’est de rentrer et de sortir de la déchetterie en 10-15 minutes pour éviter d’être pris sur le fait", constate Frédéric Carlet, chargé de communication et directeur technique au Semoctom. Le nombre d’intrusions a été multiplié par quatre depuis le début de l’année. "On en arrive à être visité par des intrus tous les soirs et à plusieurs reprises sur chacune des déchetteries", 

Les vols de métaux touchent toutes les déchetteries de l’Hexagone. Un agent a été agressé violemment pour un regard jugé trop insistant, il y a quelques mois en Charente. "Je me suis protégé comme j’ai pu, parce qu’ils ont essayé de me frapper la tête et après le corps", raconte le jeune homme, dans le reportage. Il dénonce un sentiment d'impunité. "On fait notre boulot et on ne sait même pas si on va rentrer entier chez nous", déplore l'agent, qui a reçu huit jours d’ITT. Comme lui, peu d’agents décident de porter plainte de peur de recroiser l’agresseur sur leur lieu de travail. 


M.D. | Reportage : Yaël Chambon et Eudeline Boishult

Tout
TF1 Info