De nombreux boulangers ont investi ces dernières années dans des monnayeurs automatiques.
Des appareils devenus leur talon d'Achille : les vols se multiplient.
Le 20H de TF1 a mené l'enquête.

"Ils ont tout simplement forcé la porte. Et puis ils sont allés directement sur le monnayeur : ils ont pris le coffre-fort ( ), puis le fond de caisse qui permet le roulement des billets". Ugo Raso, responsable de la boulangerie-pâtisserie Raso Santo à Metz (Moselle), nous montre son monnayeur automatique hors service après avoir été la cible d'un braquage. Montant du butin : 600 euros. Comme beaucoup de boulangers, il avait acheté ce monnayeur automatique durant la crise du Covid, pour des raisons d'hygiène, mais aussi pour faciliter la gestion de la monnaie, et sécuriser sa caisse. Un investissement de 6.000 euros. "On nous l'a vendu comme quelque chose d'inviolable. Donc là, on était un peu étonnés, poursuit Ugo Raso. On est chez nous, c'est une affaire familiale. On se sent un peu violés dans ce sens-là". 

Et cette boulangerie n'est pas la seule. On compte au moins une dizaine de braquages similaires en Moselle ces dernières semaines. Mais ces machines à sous d'un nouveau genre aiguisent l'appétit des voleurs dans toute la France. Dans une autre boutique dans laquelle se rend l'équipe de TF1, la vidéosurveillance montre un voleur expérimenté, agissant en moins d'une minute. "Il va très, très vite. Il sait ce qu'il a à faire, comment il doit faire", commente Céline Zimmer, responsable de la boulangerie-pâtisserie "C&D Zimmer" à Metz, en visionnant les images sur un téléphone.

Les malfrats ciblent toujours la même marque de monnayeurs. Loin d'être un coffre-fort, ce type de caisse est en plastique ou en acier renforcé. Des proies faciles pour les voleurs, d'autant que les boulangeries sont souvent peu sécurisées. Un autre établissement montré par le reportage de TF1 a subi, par exemple, trois cambriolages. À chaque fois, les voleurs sont passés par une cour intérieure pour fracturer la porte arrière. "En la forçant simplement avec un pied de biche, je pense, précise Michel Dudot, responsable de trois boulangeries-pâtisseries à Metz et Montigny-lès-Metz. Et puis ils sont rentrés, ils ont été directement au magasin". Entre les réparations du monnayeur et la recette volée, il a perdu au total 7.000 euros. "Maintenant, ça va être vidé le soir, on ne laissera plus de fond de caisse", prévient Michel Dudot.

Les boulangeries sont un des derniers commerces où pièces et billets circulent en grande quantité : 50% des transactions se font encore en liquide. Alors, pour limiter les braquages, les boulangers changent leurs habitudes et favorisent davantage le paiement par carte bancaire. Beaucoup réfléchissent aussi à investir dans un rideau de fer.


La rédaction de TF1 | Reportage Julien Roux, Guillaume Gruber, Christophe Hanesse

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