Fin janvier, 15 singe-écureuils, une espèce rare et protégée, ont été volés dans le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var.
Combien d'entre eux ont depuis été retrouvés ?
Une équipe de TF1 est retournée dans le zoo dans le cadre d'une enquête sur le trafic d'animaux sauvages.

Enfin sains et saufs. Après avoir été dérobés fin janvier dans le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), une mère Saïmari et son petit ont pu réintégrer le groupe auquel ils avaient été arrachés. "Ils sont encore assez craintifs", indique Jérôme Bardon, leur soigneur. En pleine nuit, des voleurs s'étaient introduits dans ce zoo, avaient fracturé la porte de la loge où dorment les animaux, puis étaient repartis avec 15 de ces singes écureuils, une espèce rare et protégée en France à l'espérance de vie limitée hors de leur groupe. 

"Ils ont besoin d'espace, de sauter un peu partout, de se défouler donc dans un appartement c'est absolument pas possible. Ils font leurs besoins un peu partout où ils sont. Il peuvent être également agressifs. S'ils sont pas bien psychologiquement, ils peuvent se dégrader, c'est-à-dire qu'ils vont se laisser mourir de faim", poursuit Jérôme Bardon dans le reportage de TF1 en tête de cet article.

Tout le monde a envie d'un singe. Quand on est petit, c'est limite un rêve de toucher un singe ou de voir un singe.
Un homme qui a acheté un singe écureuil

Entre aujourd'hui et il y a quelques semaines, quand la mère et son petit ont été retrouvés à Marseille par la police et les enquêteurs de la SPA, leur état s'est considérablement amélioré. À l'époque, ils étaient déshydratés et affaiblis après avoir passé plusieurs jours détenus chez des particuliers. Leur ravisseur tentait de les vendre sur les réseaux sociaux entre 2 000 et 6 000 euros. "C'est une équipe organisée qui a pris ces 15 singes. Ils ont été amenés dans un dépôt tous ensemble et le lendemain, ils ont été dispatchés soit sur Marseille, soit dans des communes environnantes", explique Xavier Bonnard, président de la SPA de Marseille-Provence. Suivre chaque piste leur a permis de retrouver cinq singes, le dernier à 900 km de Marseille, dans l'Oise. 

Le JT de TF1 a joint l'homme qui l'a acheté. Après avoir vu l'annonce sur internet, il s'est rendu dans une cité dans le sud de la France avec 2 800 euros en poche. "Dans ma tête, je ne sais pas que c'est interdit. C'est comme si j'allais chercher un chat de race, mais là, c'est un singe, donc c'est alléchant. Tout le monde a envie d'un singe. Quand on est petit, c'est limite un rêve de toucher un singe ou de voir un singe. C'est pas commun. C'est comme demain, si je sais pas que les tigres, c'est interdit, je vois un tigre à vendre, je le prendrais", affirme-t-il, sans aucun scrupule. 

Il faut dire que sur les réseaux sociaux, félins et primates sont à la mode avec des vidéos qui font des centaines de milliers de vues et qui mettent en scène des animaux sauvages comme s'il s'agissait d'animaux domestiques. Pourtant, en France, détenir une espèce protégée sans autorisation est passible de trois ans de prison et 150 000 euros d'amende. 

Pendant ce temps, dans le Var, l'enquête se poursuit. Neuf singes manquent encore à l'appel. Le temps presse, mais Jean-Michel Dupuyoo, le directeur du Jardin zoologique tropical, garde espoir. Les animaux sont tous munis d'une puce électronique, alors au moindre passage dans une animalerie ou chez un vétérinaire, il sera alerté. "Un singe demande des soins réguliers pour rester en bonne santé. Si les personnes sont vraiment intéressées par le bien-être de l'animal, eh bien, chez le premier vétérinaire, l'animal est identifié. C'est évident", assure-t-il. En attendant, le parc a dû revoir ses plans et débloquer en urgence 15 000 euros pour renforcer sa sécurité, refaire les clôtures, installer des portes blindées et s'équiper de caméras. 


V. F | Reportage TF1 Baptiste Guénais, Héloïse Lévesque et Valérie Belgrand-Barbier

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