REPORTAGE - "On a cassé 14 fois ma voiture" : à Marseille, les habitants d’une résidence "terrorisés" par des squatteurs

par Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Pauline Lefrançois, Henri-Paul Amar
Publié le 7 février 2024 à 12h19

Source : JT 20h Semaine

Parties communes dégradées, cambriolages, agressions…
C'est le quotidien des locataires d'une résidence de Marseille depuis l'arrivée de squatteurs.
Excédés, ils témoignent face aux caméras de TF1.

Khalida n'arrive plus à dormir. Cette locataire de la résidence privée "Village Méditerranée", dans les quartiers nord de Marseille, a été victime d'une tentative de cambriolage il y a quelques semaines. Idem pour sa voisine, qui a filmé la scène (voir la vidéo ci-dessus)... Le quotidien de ces riverains depuis l’arrivée, il y a plusieurs mois, de groupes de squatteurs. 

"On nous suit le soir pour savoir où on habite, avec qui, à quelle heure on sort, à quelle heure on rentre… Ils veulent entrer chez nous, soit pour cambrioler, soit pour carrément squatter et prendre le contrôle des lieux", témoigne Khalida auprès de TF1. Voitures cassées et pièces volées dans le parking souterrain, ascenseurs et tableaux électriques vandalisés… Les 300 locataires, impuissants, constatent en outre la multiplication des dégradations dans les parties communes.

Certains d’entre eux effectuent des rondes chaque soir pour surveiller les appartements vides. "Il y a des femmes et des personnes seules qui sont terrorisées, assure Philippe, l’un de ces veilleurs improvisés. Moi-même, j’ai été agressé plusieurs fois. On a cassé 14 fois mon véhicule !" Quant au gardien, il a opté pour une solution radicale : "J’ai fait enlever les portes, parce qu’ils prennent les appartements en changeant la serrure, avant de les louer à quelqu’un. C’est un vrai trafic."

TF1 a frappé à la porte d’un appartement squatté par une famille, qui le loue effectivement 200 euros par mois. "Je resterai le temps de trouver un autre logement", affirme, sous couvert d'anonymat, une occupante nous ayant entrouvert la porte installée en lieu et place de celle qui a été retirée… Après une quarantaine de plaintes déposées par les résidents et Valority, l'entreprise de gestion locative, les policiers interviennent régulièrement. Ils ont interpellé un individu il y a deux semaines.

De son côté, le gestionnaire a commandé une vingtaine de portes blindées. "Non seulement les propriétaires ne perçoivent pas de loyer quand leurs appartements sont squattés, mais en plus, on vient de leur demander de débourser 2.500 euros pour poser une de ces portes, en attendant qu’on puisse faire quelque chose de plus durable", soupire sa directrice, Morgane Bentata. Le syndic assure, par voie de communiqué, procéder au plus vite aux remplacements des portes, des extincteurs, des ascenseurs dégradés... Les habitants, eux, veulent tous déménager.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Pauline Lefrançois, Henri-Paul Amar

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