Procès : l'histoire rocambolesque du "trésor de Lava" refait des vagues à Marseille

par T.A. | Reportage TF1 Léa MERLIER, Mickael MERLE et Olivier CESTA
Publié le 29 janvier 2024 à 11h59, mis à jour le 29 janvier 2024 à 12h33

Source : JT 13h Semaine

En 1985, deux frères et un ami avaient trouvé par hasard des centaines de pièces d'or antiques dans un crique près d'Ajaccio.
La justice les a condamnés par le passé pour "détournement d'épave maritime".
Mais un nouveau procès se tient ces lundi et mardi à Marseille autour d'un plat en or à plusieurs millions d'euros réapparu depuis.

Pour les historiens, c’est l'un des plus importants trésors monétaires jamais trouvés. Pour Félix Biancamaria, une pêche miraculeuse qui a bouleversé sa vie. En 1985, cet homme va chercher, avec son frère et un ami, des oursins dans une crique du golfe de Lava, à quelques kilomètres d’Ajaccio (Corse-du-Sud). C'est alors que les trois hommes font une surprenante découverte : des centaines de pièces d’or à l’effigie d’empereurs romains du IIIe siècle.

"Le trésor, on l'a trouvé juste là. Vous voyez ces gros rochers ? Il était juste dessous, montre-t-il aujourd'hui dans le reportage de TF1 à retrouver en tête de cet article. En soulevant la plus grosse pierre à l'aide d'un cric, on a vu plusieurs pièces." À l’aide de couteaux, ils les descellent des rochers. Leur butin en poche, ils s’empressent de l’écouler auprès de numismates parisiens, les vendant entre 30.000 et 150.000 euros l’unité.

Un plat en or au cœur du nouveau procès

Casinos, voitures de luxe… De retour à Ajaccio, la petite équipe mène la grande vie, emportée par la fièvre de l’or. "On a flambé, on a dépensé beaucoup, admet aujourd'hui Félix Biancamaria. C'est très festif à Ajaccio, mais une fois qu'on avait trouvé le trésor, c'était puissance 1000 ! On achetait n'importe quoi." Ils dépensent sans compter et sans savoir que leur pêche lucrative est en réalité... totalement illégale. En effet, lorsqu’un trésor est trouvé sur la terre ferme, son découvreur a le droit de récupérer 50% de sa valeur, mais s’il est trouvé en mer, la totalité appartient à l’État. En 1986, la justice rattrape les plongeurs, après la saisie de plusieurs pièces qui allaient être mises en vente aux enchères.

Avec ses compères, Félix Biancamaria est alors condamné à 18 mois de prison avec sursis pour "détournement d'épave". Ce qu'il reste du butin est saisi, ou presque... car en 2010, l'affaire revient au cœur de l'actualité. Cette année-là, le Corse est une nouvelle fois interpellé : il avait conservé de son côté l'une des pièces maîtresses du trésor, un plat en or, dont le prix est estimé entre 2 et 8 millions d'euros. Ses avocates contestent la valeur du magot, car son origine fait débat. "La première condamnation était pour 'détournement d'épave maritime', sans qu'on ait jamais retrouvé une quelconque épave maritime, expose ainsi Mᵉ Amale Kenbib. C'était quand même problématique de le condamner pour quelque chose qui n'existait pas."

Le plat en or, retrouvé en 2010, au cœur du nouveau procès ce lundi.

Ces lundi et mardi, Félix Biancamaria comparait devant le tribunal correctionnel de Marseille, avec un complice présumé, pour recel et détention d'un bien culturel maritime présentant le caractère de trésor national, le fameux plat en or incurvé de 25 cm de diamètre. Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende. Ses avocates ont annoncé il y a quelques jours qu'elles allaient plaider pour que leur client soit "relaxé" et que "son plat lui soit rendu" au terme de son procès. 40 ans après sa découverte, le "trésor de Lava" n'a pas rendu tous ses secrets : la plupart des pièces vendues n'ont jamais été retrouvées.


T.A. | Reportage TF1 Léa MERLIER, Mickael MERLE et Olivier CESTA

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