De graves accusations visent le centre de contrôle des caméras de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Un salarié affirme que certains de ses collègues ont caché des bavures policières, en détournant notamment certains axes de prise de vues.
Selon la mairie de la ville, la vidéo concernée fera l'objet d'un signalement auprès du procureur de la République pour ouvrir une enquête.

Les images de vidéosurveillance en cause datent de mai 2023. Une scène est captée par l'une des 1600 caméras de la cité phocéenne. On y voit un homme visiblement éméché être frappé par deux agents. La caméra se détourne une première fois, puis revient vers l'action, avant de changer d'angle à nouveau en piquant brusquement vers le bas.

Les équipes du 20H de TF1 ont pu se procurer un enregistrement audio de l'intérieur du centre de supervision, au moment des faits. "Oh purée ! Tu n'enlèves pas la caméra. Ils prennent leur responsabilité parce qu'après, on nous accuse nous", peut-on entendre. 

Sébastien Florenti, opérateur vidéo assermenté, était présent au centre de supervision urbain de Marseille (Bouches-du-Rhône) ce soir-là. Il affirme que son service a délibérément couvert ces violences commises sur le terrain par des policiers municipaux. "C'est une mafia. J'ai averti ma hiérarchie. Il y avait quand même quatre personnes dont trois policiers municipaux sur place. Ils ont vu tous ces faits", assure-t-il.

Signalement auprès du procureur

Toutefois, l'information n'est visiblement jamais remontée jusqu'à Céline Lefléfian, la cheffe de la police municipale de Marseille. "J'ai découvert cette vidéo hier. En revanche, il faut savoir que les faits ont eu lieu au mois de mai 2023, et que c'est justement ce mois-là que j'ai reçu ce fonctionnaire pendant plus d'une heure trente, donc s'il avait voulu porter à ma connaissance directement ces faits, ça aurait vraiment été l'occasion", rapporte-t-elle. Aussi, la cheffe de police évoque à BFMTV une potentielle "vengeance personnelle" de la part de Sébastien Florenti, "car ce monsieur n'a pas été retenu comme policier municipal", précise Céline Lefléfian.

Cette dernière s'étonne donc que la vidéo sorte un an après les faits, mais pour l'avocat de Sébastien Florenti, il ne faut pas déplacer le problème. "L'information n'a pas été gardée en attendant le bon moment par M. Florenti. L'information a été cachée par le service depuis le départ", indique Me Victor Gioia.

Quoi qu'il en soit, ces accusations ne surprennent pas vraiment un autre agent du centre de vidéosurveillance, qui souhaite rester anonyme. "Il y a de gros dysfonctionnements [dans le service] ; des informations qui devraient remonter qui ne remontent pas, des informations qui sont remontées qui ne sont pas utilisées", décrit-il. 

Du côté de la mairie, on assure aujourd'hui que la vidéo va faire l'objet d'un signalement auprès du procureur de la République, afin qu'une enquête puisse être ouverte pour faire la lumière sur les agissements dénoncés. 


La rédaction de TF1info | Reportage : Matthieu Perrot, Frédéric Miara

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