Bus incendié, tram caillassé, voitures incendiées, mairie ou école visée... de nouvelles violences urbaines ont émaillé la nuit de jeudi à vendredi.
Dans cette troisième nuit de tensions, des communes plus petites ont été touchées.
C'est le cas de Montargis, dans le Loiret, où trois immeubles ont été incendiés et détruits.

Bus incendié, tram caillassé, voitures incendiées, mairie ou école visée... de nouvelles violences urbaines ont émaillé la nuit de jeudi à vendredi à Lyon, Grenoble, Saint-Etienne ou Annecy, mais aussi des villes plus petites, après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un tir de police à Nanterre mardi. C'est le cas de Montargis, une ville du Loiret comptant 14.000 habitants, où trois immeubles ont été incendiés et détruits. Les habitants se sont réveillés ce vendredi matin avec un centre-ville saccagé. Bruno est devant sa pharmacie dont "il ne reste plus rien" : "Cela s'est propagé de bas en haut", témoigne-t-il dans le reportage du 13H de TF1 ci-dessus. 

Plus de dix heures après avoir été incendié, le bâtiment est encore fumant, les pompiers à pied d'œuvre. Ce pharmacien avait ouvert son officine il y a six ans, il dit avoir perdu l'affaire de sa vie : "Je passe beaucoup de temps, je suis très dévoué, quand je vois ça, je suis complètement désolé et décontenancé. Après ma famille, c'était toute ma vie", dit-il. Sa pharmacie en flammes, comme on peut le voir dans notre reportage, est le symbole d'une nuit de violences à Montargis. Pendant plusieurs heures, les forces de l'ordre ont essuyé des tirs de mortiers d'artifice. Trois bâtiments ont été incendiés, 80 commerces vandalisés. Soit l'oeuvre de 300 individus la nuit dernière.

"Mon activité, c'est foutu"

Dans la rue du centre-ville, quasi aucun commerce n'a été épargné, comme cette cordonnière : "Mon activité, c'est foutu. C'est honteux, je ne comprends pas comment on peut faire ça, ce sont des mois de travail, je suis dégoûtée." Les riverains n'auraient jamais pensé connaître une telle violence dans cette ville de 14.000 habitants. "Je trouve ça horrible et très triste", affirme une riveraine. Ici, nombreux sont ceux qui redoutent de nouvelles violences la nuit prochaine.

Un total de 875 personnes ont été interpellées de jeudi à vendredi en France, dont 408 à Paris et sa proche banlieue, lors de la troisième nuit consécutive de violences urbaines, selon un bilan définitif du ministère de l'Intérieur. Au total, 492 bâtiments ont été atteints, 2000 véhicules brûlés et 3880 incendies de voie publique allumés la nuit dernière, selon les chiffres donnés par le président de la République Emmanuel Macron au début d’une réunion à Matignon sur la politique de la ville et des quartiers prioritaires.


La rédaction de TF1info | Reportage : Julien Cressens, Stéphane Iorgulescu

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