"S'il n'y a pas de réponse forte..." : le cri d'alarme d'un maire après des menaces de mort et de viol

par La rédaction de TF1info | Reportage Zack Ajili, Gauthier Delobette
Publié le 27 février 2024 à 12h00, mis à jour le 27 février 2024 à 12h29

Source : JT 20h Semaine

Les agressions, menaces et intimidations contre les élus ont augmenté de 15% en 2023.
Dernier exemple en date, le maire d'Hantay (Nord) et son épouse ont été menacés par des squatteurs.
Le 20H de TF1 est allé à leur rencontre.

Depuis son agression, il y a dix jours, Jacques Montois, maire (Horizons) de Hantay (Nord), est abattu. "Dix à douze personnes, certaines cagoulées, on ne voyait que les yeux. L'un a pris une barre de fer et ils m'ont dit 'On va venir chez toi le soir, on va te frapper, on va te ligoter, on va violer ta femme devant tes yeux et après on mettra le feu, voilà ce qu'on va faire". Il a déposé deux plaintes, l'une pour violences avec armes, l'autre pour menaces de mort. Pourtant, il a décidé de reprendre son activité d'élu. 

Le maire de ce village de 1200 habitants appelle aujourd'hui à l'aide. "Si dans les quinze jours, le mois qui suit, il n'y a pas une réponse forte de l'Etat pour nous soutenir et pour faire avancer les choses, j'arrêterai. Je ne mettrai pas ma vie en jeu." C'est toute une commune qui a été ébranlée par l'agression. Dimanche 25 février, plus de 300 habitants se sont réunis pour soutenir leur maire. "Menacés de mort, lui, sa famille, menacé sur ses biens... C'est intolérable", s'indigne un habitant.

On est des gens ouverts à la discussion, on n'est pas des animaux
Un squatteur accusé de l'agression du maire de Hantay

Les agresseurs présumés du maire ont accepté de nous recevoir. Tout part d'une maison, squattée depuis sept mois. Les squatteurs, tous connus des services de police, nient toutes les accusations. L'un d'entre eux dit même avoir récupéré le bail du logement de sa mère, ce que réfute le bailleur social. 

"On aurait aimé pouvoir discuter autour d'une table et mettre les choses à plat, affirme-t-il. On est des gens ouverts à la discussion, on n'est pas des animaux. Aujourd'hui, je squatte un domicile qui appartenait à ma mère parce qu'on ne m'a pas donné le droit d'y rester. Aujourd'hui, je n'ai pas d'autre logement, je suis séparé, j'ai deux enfants en charge"

Une procédure d'expulsion à leur encontre est engagée et sera examinée en septembre prochain. Quant à l'agression du maire, les investigations se poursuivent au parquet de Lille.


La rédaction de TF1info | Reportage Zack Ajili, Gauthier Delobette

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