VIDÉO - "On n'avait que son visage" : comment ce voleur des Yvelines a été identifié grâce à l'IA

par La rédaction de TF1info | Reportage Guillaume Chièze, Christophe Moutot, Guillaume Vuitton
Publié le 2 novembre 2023 à 11h11

Source : JT 20h Semaine

L’intelligence artificielle révolutionne le travail de la police et permet de faire des progrès spectaculaires à la reconnaissance faciale.
Regardez ce reportage du 20H de TF1.

L'intelligence artificielle mène désormais l'enquête, et la vidéo de TF1 ci-dessus nous en donne un exemple concret. En juin dernier, dans les Yvelines, un homme se fait passer pour un policier afin de dérober les bijoux d'une femme de 78 ans. Une heure plus tard, il sort de l'appartement avec un tableau volé chez la victime, en étant filmé par les caméras de vidéosurveillance.

Une enquête initialement difficile à mener : "Le temps que la victime nous appelle, elle a déjà touché des choses chez elle, et elle n'a pas conservé les preuves comme on le fait quand on intervient directement sur la scène", détaille Éléonore Pailhes, commissaire de police et cheffe de la sûreté urbaine de Versailles (Yvelines). "On n'avait pas d'empreinte, pas d'ADN parce que le voleur avait fait attention à ne pas laisser de traces. Donc la seule chose que l'on pouvait avoir, c'était son visage", ajoute-t-elle. 

Un nouvel outil

Depuis quelques années, les enquêteurs disposent d'un outil intégré à leurs fichiers de police. On y trouve ainsi chaque procédure enregistrée par les forces de l'ordre, avec notamment huit millions de photos de délinquants déjà connus des services de police. Grâce à l'intelligence artificielle, ce nouvel outil est capable de comparer ces photos à n'importe quelle image recueillie par la police dans le cadre de cette affaire. 

"On sélectionne juste son visage, on l'intègre dans notre logiciel, et on fait 'rechercher'". Et là, il nous sort tous les candidats potentiels. À partir de là, on vérifie l'information, on vérifie que c'est bien lui, et cela nous permet ensuite d'aller l'interpeller. Là, en l'occurrence, il a été condamné à deux ans d'emprisonnement", poursuit Éléonore Pailhes. 

Des techniques pour récupérer les images de mauvaise qualité

En France, des centaines d'enquêtes sont résolues chaque année en grande partie grâce aux caméras de surveillance. Parfois, néanmoins, les images capturées sont floues, lointaines, ou semblent inexploitables. Dans ce cas de figure, les ingénieurs de la police scientifique sont désormais capables de les faire parler.

"Par exemple, ici, on a un visage de profil sur lequel on va poser un maillage. On va placer des points à des endroits caractéristiques, sur les contours des yeux par exemple. Cela va permettre de caler le visage en deux dimensions sur une représentation en trois dimensions", explique méthodiquement Esther, ingénieure au sein du laboratoire central de criminalisation numérique d'Écully (Rhône), dans la suite de notre reportage. 

La reconnaissance faciale est autorisée pour les enquêtes de police, mais pas pour la surveillance d'une foule en temps réel. En Chine, à l'inverse, chaque passant est identifié, enregistré, et peut ainsi être verbalisé à distance. En France, les algorithmes de surveillance feront bien leur entrée dans l'espace public lors des jeux Olympiques de Paris. Des appareils capables de détecter tout mouvement suspect aux abords des stades, comme un colis abandonné ou un mouvement de foule. Impossible, en revanche, de retrouver l'identité d'une personne en temps réel. 


La rédaction de TF1info | Reportage Guillaume Chièze, Christophe Moutot, Guillaume Vuitton

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