En France, neuf vols sur dix sont opérés grâce à des moyens électroniques, à l'aide de boîtiers.
Une technique bien rodée posant de sérieux problèmes d'assurances aux victimes.
Comment les malfrats s'y prennent-ils, et comment se protéger ? TF1 fait le point.

Il a été victime d'un vol de voiture... sans effraction. "Aucun débris, rien du tout, aucune casse. Ils ont fait ça vraiment en toute discrétion. Je suis choqué qu'ils aient volé ma voiture chez moi, on pensait être dans un quartier tranquille", se désole Tony au micro de TF1. Depuis l'été dernier, des dizaines de voitures ont été volées dans la région nantaise. "Deux fois dans la même semaine, on s'est fait prendre nos deux voitures", confie une victime interrogée dans le reportage en tête de cet article.

En France, neuf vols sur dix sont opérés grâce à des moyens électroniques, selon l’entreprise française Coyote. Comment les malfrats s'y prennent-ils ? La méthode est dévoilée dans des images de vidéosurveillance visibles dans le reportage ci-dessus. Un premier voleur se rapproche de la maison de la victime où se trouve la clé du véhicule. Il utilise un boîtier électronique capable de copier la fréquence de la clé afin de l'envoyer au boîtier de son complice. La voiture s'ouvre et démarre ensuite sans la moindre effraction. L'opération prend moins de trois minutes en moyenne, 40 secondes pour les équipements les plus performants. De tels boîtiers de piratage sont disponibles à l'achat sur internet, en seulement quelques clics. 

Un problème pour se faire indemniser

Les avocats rencontrent régulièrement des victimes de ces vols sans effraction, une technique qui pose un autre problème majeur. Elles se heurtent à un refus d'indemnisation de leur assureur, avec à chaque fois le même argument : le vol sans effraction n'est pas prouvé. "Ça fait un an et demi que ça dure", déplore une victime. La conséquence de contrats d'assurance inadaptés aux nouvelles combines des voleurs. 

"Ce sont des vieux contrats des années 80 - 2000, où à l'époque, si le vol des véhicules était réalisé sans effraction, l'assureur n'assurait pas", détaille Maître Michel Benezra, avocat en droit routier et dommages corporels. "Or aujourd'hui, tous les véhicules se volent sans effraction", alerte-t-il.

Pour se faire rembourser, son client multiplie les démarches, mandatant des experts pour trouver des preuves de l'effraction, en vain. "Ça m'a coûté 450 euros. Mais plus que ça, psychologiquement, on se sent fragilisé. Dès le départ, j'ai eu l'impression d'être un menteur en face de l'assurance", se désole le volé. 

Comment éviter le vol ?

Les automobilistes tentent de se protéger face à l'augmentation de ces vols électroniques. Le réseau de centres de réparation rapide Norauto a par exemple développé un boîtier, une espèce d'antivirus pour voitures. Le coût du dispositif : 300 euros. "Ça empêche d'entrer dans la partie électronique du véhicule, donc notamment de pirater le système informatique de la voiture", explique David Szulkowski, chef d'atelier. 


M.T | Reportage Martin Bornet, Nicolas Hesse

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